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Secteur de l'intérim : une crise chasse l'autre

L'intérim, le baromètre de la crise !

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L'intérim, le baromètre de la franchise

Selon les derniers chiffres du baromètre du syndicat professionnel des sociétés d'intérim, Prisme, le secteur du travail temporaire n'a pas encore retrouvé le niveau d'activité d'avant crise. Et les chiffres en recul de février dernier ne présagent pas de sortie immédiate du secteur de la tourmente.

A chaque crise, le secteur de l'intérim fait office de baromètre. Quand tout va « bientôt mal », l'intérim est le premier secteur à subir une baisse de son activité, et quand tout va « bientôt bien », le secteur fait toujours partie des premiers à se relever... Cette particularité, que l'on retrouve également mais dans une moindre mesure dans l'immobilier, fait que le secteur de l'intérim est hyper sensible à la conjoncture.
Comme un fusible, le travailleur intérimaire fait office de temporisateur dans les entreprises. Et quand la santé économique d'un pays est à la peine, l'intérim en ressent tous les symptômes. Sachant cela, bien évidemment, les temps incertains que nous vivons ne jouent pas en faveur du travail temporaire. Et de fait, l'intérim n'est pour l'instant pas encore totalement sorti du rouge, même si de toute évidence, les choses vont tout de même notablement mieux qu'en 2009.

Ceci étant dit, les situations sont très diverses selon les intervenants. Sur les quelque 6 500 agences d’emploi en France, les grands réseaux succursalistes (70 % du marché) s'en sortent plutôt mieux que le millier d’indépendants isolés. L'interactivité entre les agences et la réactivité des grands réseaux font clairement la différence !

Un secteur durement impacté par la crise

Selon les chiffres du Prisme, regroupant plus de 600 entreprises de toutes tailles qui représentent 90 % du chiffre d’affaires des Professionnels de l’intérim, des services et métiers de l’emploi, en 2009, la récession économique a provoqué une chute de 30 % de l'emploi intérimaire. Après ce choc, le retour d'une croissance économique modérée en 2010 s'est traduit par une progression de l'intérim de 15 %. 80 000 emplois intérimaires en équivalent temps plein ont été ainsi créés au cours de l'année jouant un rôle décisif en faveur du redémarrage de l'emploi puisque 78 % des créations nettes d'emploi enregistrées en 2010 provenaient de l'intérim.

Toutefois, comme le note le Prisme, « malgré une nette amélioration de la situation en 2010, les effets de la crise n'ont été que partiellement effacés puisque avec environ 530 000 intérimaires en équivalents temps plein, l'intérim se situait fin 2010, à 17 % en-dessous de son niveau d'avant crise. »
En réaction à cette chute vertigineuse des CA, les grands réseaux ont pris l'option de maintenir leurs parcs à l'identique sur le territoire. La proximité des agences du terrain de l'emploi a été préservée. Les salariés permanents (20 000 pour l'ensemble du marché) n'ont globalement pas eu à subir de licenciement. L'année 2010 s'achevant sur un redressement de l'activité, tout poussait à penser que le secteur allait renouer en 2011 avec l'embellie.

Et de fait, en 2011, le nombre d'intérimaires en mission a enregistré de nouveau une progression, mais de moindre ampleur (+ 7,9 % par rapport à 2010). Cette croissance souligne le Prisme « est marquée par une décélération tout au long de l'année 2011 ». Ainsi, après une hausse de 18 % par rapport à la même période de 2010 au 1er trimestre, l'emploi intérimaire a commencé à fléchir avec une hausse de 11,4 % des effectifs au 2e trimestre. Et les choses se ont ensuite précipitées (+ 5,4 % au 3e trimestre, et - 1 %) confirmant ainsi le retour de manivelle d'une crise en cours d'enlisement.

Nouvelle récession depuis septembre 2011

La décélération amorcée depuis septembre 2011 se poursuit sur 2012. Ainsi, en janvier 2012, l’emploi intérimaire a enregistré une baisse de 3,9 % par rapport à janvier 2011. Ce sont essentiellement les placements des ouvriers non qualifiés (- 8,5 %) et les employés (- 10,2 %) qui plombent les résultats, tandis que les cadres et professions intermédiaires repartent à la hausse (+ 5,3 %), et les ouvriers qualifiés se stabilisent (+ 0,3 %).
Logiquement, la baisse des placements touchent l'ensemble des grands secteurs d’activité : l’industrie (- 3,4 %), les transports (- 4,8 %), les services (- 5,0 %) et le commerce (- 7,3 %). Le BTP quant à lui contient la baisse de ses effectifs intérimaires à - 1,3 %. En février 2012, la tendance se confirme encore malheureusement : l’emploi intérimaire enregistre une baisse de 6,8 % par rapport à février 2011. « Les cadres et professions intermédiaires sont les seuls à marquer une progressions en février 2012 (+ 3,0 %). Les effectifs ouvriers sont en baisse (- 6,1 % pour les ouvriers qualifiés, - 9,6 % pour les ouvriers non qualifiés) et les employés accusent un repli de 9,7 % de leurs effectifs intérimaires, par rapport à février 2011. »

Là encore, tous les secteurs sont touchés : L’industrie et les services enregistrent des baisses respectives de 5,2 et 5,4 % de leurs effectifs intérimaires. Les transports et le commerce marquent des replis légèrement plus marqués : - 6,4 et - 6,6%. Le BTP enfin connait le plus fort recul (- 14,4% par rapport à février 2011).

Et demain ?

Si le secteur du travail temporaire reste pour l'instant plombé par l'incertitude et le manque de visibilité des patrons employeurs, cette situation ne saurait durer éternellement. Bon nombre d'observateurs parient sur un début d'amélioration dès que le grand rendez-vous des élections présidentielles sera passé.
En attendant cette échéance de court terme, le Prisme a souhaité faire savoir aux candidats en lice pour l'Elysée qu'il existe des solutions à l'emploi. Dans le livre blanc rédigé dernièrement et envoyé aux candidats, le Prisme décline 8 propositions pour 170 000 emplois créés ou maintenus, et ce sans surcoût pour les finances publiques.

Parmi ces propositions, l'on trouve notamment l'accompagnement des entreprises en difficulté et les salariés menacés, l'activation des dispositifs de sécurisation professionnelle, la sécurisation de l'emploi des seniors, le décloisonnement du reclassement des demandeurs d'emploi en renforçant la complémentarité entre opérateurs publics et privés...
L'idée de toutes ces mesures est de permettre notamment de pourvoir les quelque 300 000 offres d'emplois en mal de recrutement. Du pain sur la planche des politiques mais aussi des agences de travail temporaire !

Les prochains mois devraient permettre d'y voir plus clair sur le bien fondé de ces propositions. Avant la crise, le secteur enregistrait régulièrement des taux de progression à deux chiffres confirmant ainsi que le créneau reste porteur malgré les aléas économiques du moment.

Les franchises à suivre dans le secteur de l'intérim

Adequat intérim : Créé en 1987 et lancé en réseau en 2008, Adequat Intérim s'est dans un premier temps développé en succursale avant de porter son concept en franchise. Actuellement à la tête de 111 agences, dont 4 en franchise, Adequat Intérim souhaite mailler le territoire de 300 implantations. Ce réseau qui affiche aujourd'hui un chiffre d'affaires de 326 millions d'euros, soit 36 % d'augmentation par rapport à 2010, recrute en priorité sur les villes de plus de 50 000 habitants en Bretagne, région Centre, au Sud-Est et au Nord de la France. Pour rejoindre ce réseau le candidat doit disposer d'un apport personnel minimum de 60 000 € (droit d'entrée 30 000 € - investissement global de 140 à 165 000 €).

Agri Interim : La première agence d'intérim en France spécialisée en agricole et para-agricole a vu le jour en 2000 pour un lancement en franchise en 2010. Ce jeune réseau qui compte actuellement 2 implantations recherche dans toute la France des candidats appréciant particulièrement le contact humain et la gestion du personnel. Depuis peu, ce réseau propose également en franchise un concept adapté à l'emploi intérimaire dans les métiers de la restauration, un créneau porteur s'il en est quand on sait le nombre d'emplois non pourvus dans les métiers de bouche. Pour rejoindre ce réseau, le candidat doit disposer d'un apport personnel minimum de 40 000 € (droit d'entrée 15 000 € - investissement global 60 000 €).

Cotis Intérim : Spécialisé dans le secteur du travail temporaire, ce réseau a vu le jour en 1999. Le lancement en franchise est intervenu en 2005. A ce jour, le réseau de franchise Cotis intérim possède 1 agence d’emploi en propre et 20 agences en franchise. Pour rejoindre ce réseau, le candidat doit disposer d'un apport personnel minimum de 100 000 € (droit d'entrée 10 000 € - investissement global de 120 à 150 000 €).

Temporis : Créée et lancée exclusivement en franchise en 2000, l'enseigne Temporis compte actuellement 85 implantations en France. Spécialiste de l'intérim et des solutions RH, ce réseau est en fort développement. L'objectif fixé à la fin 2012 est de dépasser les 100 agences. L'an dernier, Temporis a augmenté son chiffre d’affaires de 35 % alors que le marché du travail temporaire progressait quant à lui de seulement 10 %. Pour rejoindre ce réseau, le candidat doit disposer d'un apport personnel minimum de 60 000 € (droit d'entrée 33 500 € - investissement global 140 000 €).

Dominique André-Chaigneau, Toute la Franchise©

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