“Le réseau m'a apporté une formation, un accompagnement de proximité et un soutien permanent. Le franchiseur est là pour nous aider à prendre le bon chemin, éviter certains obstacles et valider nos choix stratégiques”, Marc Henry, franchisé APEF à Langre
Ouvrir une agence de services à la personne dans une zone rurale pouvait sembler un pari audacieux. Trois ans après l’ouverture, Marc Henry a pourtant hissé son agence APEF de Langres parmi les plus fortes croissances du réseau.
Interview de Marc Henry, franchisé APEF à Langres
Publié le 09/08/2026 , Temps de lecture: 7 min
Ancrage local, proximité avec les salariés et les clients, fidélisation des équipes et accompagnement du franchiseur : il revient sur les ingrédients qui ont fait le succès de son projet entrepreneurial.
Lorsque vous avez ouvert votre agence APEF à Langres en 2022, vous faisiez le pari d’entreprendre dans un territoire rural et peu dense. Avec le recul, pourquoi ce choix était-il le bon ?
Langres est un territoire que je connais parfaitement, c’est là que j’ai mes racines. Après de nombreuses années passées à voyager à travers la France dans le cadre de ma carrière, j’ai eu envie de revenir m’investir dans le développement de mon département, et plus particulièrement sur le secteur de Langres. Je souhaitais entreprendre sur un territoire auquel je suis attaché et où je pouvais être utile.
Beaucoup d’entrepreneurs pensent qu’il est plus difficile de développer une activité de services à la personne dans une zone excentrée. Quels ont été vos principaux défis au démarrage ?
Le principal défi a été de se faire connaître, mais surtout de se faire reconnaître comme un acteur qualitatif des services à la personne. Même si le bassin de population est moins dense, il existe finalement peu d’offres et peu de choix pour les clients. Nous avons donc beaucoup travaillé sur notre ancrage local, en développant de nombreux partenariats afin d’être identifiés comme un acteur référent sur le territoire.
Avant même l’ouverture de l’agence, j’ai réalisé un important travail préparatoire en allant rencontrer les communautés de communes, les mairies, les écoles de formation, ainsi que les partenaires institutionnels comme France Travail. Il a fallu créer tout un réseau, expliquer qui nous étions, ce que nous voulions faire et surtout comment nous souhaitions le faire.
Malgré ce contexte, votre agence figure aujourd’hui parmi les plus fortes croissances du réseau APEF. Lors de la dernière convention, vous êtes même monté sur le podium avec plus de 10 000 heures de prestations réalisées en 2025, pour un chiffre d’affaires de près de 300k €. À quoi attribuez-vous cette progression ?
Nous avons toujours eu la volonté de participer à tous les événements locaux, de répondre présent à toutes les invitations et aux réunions organisées avec nos partenaires. C’est une manière de montrer que nous voulons être un véritable appui pour les clients du territoire. Cette progression repose également sur la qualité de notre équipe. Nous nous entourons de collaborateurs investis, avec un véritable esprit de bienveillance et une volonté de réaliser un accompagnement de qualité auprès des clients.
Enfin, nous avons toujours été très à l’écoute des besoins de nos clients, en cherchant systématiquement une solution à chaque situation. Cette proximité a porté ses fruits puisque, aujourd’hui, nous ne faisons plus de prospection : le bouche-à-oreille est devenu le principal moteur du développement de l’agence.
Quels leviers ont été les plus efficaces pour développer votre clientèle sur un territoire où le bouche-à-oreille et la proximité jouent un rôle essentiel ?
Notre priorité est de trouver une solution à chaque situation rencontrée par nos clients. Nous avons aussi une volonté très forte de garantir une continuité de service, sans interruption. Pour certains clients, il est essentiel de retrouver la même intervenante, aux mêmes horaires. Nous avons donc mis en place des processus internes avec un fonctionnement en binôme. Chaque client dispose d’une seconde intervenante qu’il connaît déjà et peut prendre le relais en cas d’absence. Cette organisation permet d’assurer une continuité de service tout en rassurant les clients.
Le recrutement est souvent présenté comme le principal frein au développement des services à la personne. Comment avez-vous réussi à constituer votre équipe à Langres ?
Nous avons aujourd’hui un turnover que je considère comme raisonnable. Notre philosophie est simple : les intervenants sont aussi importants que les clients. Ils sont au cœur de notre projet. Nous sommes très attentifs à leur équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle. Lorsqu’un nouveau collaborateur rejoint l’agence, il bénéficie d’une période d’intégration de quinze jours à trois semaines sans client, en autonomie. Pendant cette période, il travaille en binôme avec un collègue expérimenté et suit environ vingt heures de formation consacrées notamment aux attitudes professionnelles.
Cette intégration progressive leur permet de prendre leurs marques sereinement. Ensuite, lorsqu’ils sont amenés à remplacer un collègue, ils connaissent déjà les clients puisqu’ils les ont rencontrés durant leur période de binôme. C’est cette organisation qui contribue à fidéliser notre équipe.
Quelles sont les qualités que vous recherchez avant tout chez vos futurs collaborateurs, et comment faites-vous pour les fidéliser dans la durée ?
Nous recherchons avant tout le savoir-être. Les compétences techniques peuvent s’apprendre, mais la bienveillance, l’attitude positive, l’autonomie ou encore l’envie d’aider les autres sont essentielles. Pour fidéliser nos collaborateurs, nous proposons des conditions de travail attractives : une rémunération supérieure au SMIC, des primes, une prise en charge de la majeure partie de la mutuelle, mais aussi un véritable accompagnement avec du tutorat, de la formation interne et un fonctionnement en binôme aussi longtemps que nécessaire.
Nous favorisons également les évolutions professionnelles. Une aide ménagère peut, par exemple, évoluer vers un poste d’auxiliaire de vie. D’ailleurs, les collaborateurs qui occupent aujourd’hui les postes administratifs de l’agence étaient eux-mêmes intervenants à domicile au départ.
Votre parcours dans la grande distribution vous a-t-il apporté des méthodes ou des réflexes qui vous servent aujourd’hui pour piloter votre agence et accompagner sa croissance ?
Oui, notamment sur les aspects liés au management et à la conduite de projet. J’y ai également appris que le client devait toujours être au centre du dispositif, tout en accordant la même importance aux collaborateurs. Cette vision m’accompagne encore aujourd’hui dans le pilotage de mon agence.
En tant que franchisé, quel rôle a joué l’accompagnement d’APEF dans le développement de votre agence, notamment dans les différentes phases de croissance ?
Lorsque j’ai commencé à réfléchir à une reconversion professionnelle, je voulais exercer un métier utile et me mettre au service des clients dans cette région que j’apprécie, tout en entreprenant. En raison des réglementations et des spécificités du secteur, il m’était beaucoup plus difficile de me lancer seul. J’ai donc rencontré plusieurs franchiseurs avant de choisir APEF, avec qui je partageais les mêmes valeurs.
Le réseau m’a apporté une formation, un accompagnement de proximité et un soutien permanent. Le franchiseur est là pour nous aider à prendre le bon chemin, éviter certains obstacles et valider nos choix stratégiques. C’est une véritable sécurité au quotidien dans le développement de l’entreprise.
Aujourd’hui, quels sont vos prochains objectifs pour l’agence de Langres ? Souhaitez-vous poursuivre cette dynamique de croissance, développer de nouveaux services ou renforcer encore votre équipe ?
L’agence a connu une croissance rapide. Aujourd’hui, mon premier objectif est de stabiliser son fonctionnement, aussi bien sur le plan administratif que dans l’accompagnement des clients. Je souhaite également poursuivre le travail engagé avec le Conseil départemental sur différents projets.
Sur le second semestre, notre objectif stratégique est de développer APEF Pro, un service complémentaire qui nous permettra de cibler les entreprises. Si ces objectifs sont atteints, je ne m’interdis pas d’ouvrir une seconde agence sur un secteur proche de Langres.
Quel conseil donneriez-vous à un futur franchisé qui hésite à ouvrir une agence de services à la personne dans une zone rurale ou faiblement peuplée ?
Je lui conseillerais d’abord de choisir un territoire qu’il connaît déjà. Ce n’est pas parce qu’une région nous plaît qu’il faut forcément s’y installer. Il est indispensable de réaliser une étude de marché sérieuse afin d’identifier précisément les besoins du territoire. Il faut aussi être conscient que ce projet demande un investissement important et beaucoup de résilience. Il est essentiel d’être certain que c’est ce qui nous donnera envie de nous lever chaque matin. Je conseille également de rejoindre une franchise dont on partage réellement les valeurs, d’échanger avec d’autres franchisés et même d’aller passer du temps dans une agence pour découvrir leur quotidien.
Enfin, il ne faut pas oublier que la tête de réseau ne fera pas la réussite de l’agence à notre place. Elle apporte un cadre, de l’accompagnement et de la méthode, mais la réussite dépend avant tout de chaque chef d’entreprise.
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