Franchise sans tabou : « Le plus dur, c’est de sauter le pas »
Dans cette interview sans détours, Yann Lanchec brise les idées reçues : la solitude du dirigeant, les faux blocages financiers, l’importance du réseau et l’énergie qu’il faut pour durer. Un témoignage franc, utile, et taillé pour ceux qui hésitent encore à franchir le cap.
Interview de Yann Lanchec, Franchisé Attila Bretagne
Publié le 02/01/2026 , Temps de lecture: 8 min
Reconversion professionnelle : « Tout le monde m’a dit que j’étais fou ! »
Racontez-nous en quelques mots votre reconversion professionnelle
Yann Lanchec : J’ai 49 ans et j’ai 3 enfants. J’ai un parcours plutôt commercial et je me suis réinventé trois fois dans ma vie. J’étais assureur avant de racheter l’agence Attila à Vannes. Je cherchais plusieurs cibles parce que j’avais une vraie volonté d’entreprendre et de continuer à entreprendre. J’ai racheté une agence à Vannes et j’ai développé mon entreprise à Pontivy, en Centre Bretagne.
Au départ, tout le monde m’a dit que j’étais fou de quitter le monde de l’assurance, qui fonctionne bien, pour me lancer dans l’inconnu. Mais j’avais besoin de bouger, de voir autre chose, d’avancer dans ma vie professionnelle !
Il faut parfois suivre son instinct et ne pas se laisser décourager par ce que nous disent les autres, sinon, on ne fait rien !
Je pense que c’est également capital d’avoir un projet, une vision d’entrepreneur et de s’y tenir, malgré tous les freins extérieurs qui peuvent exister.
Créer seul ou en franchise : un match vite plié
Soyons francs : créer seul, c’est vraiment plus risqué ?
La franchise permet de se lancer dans un concept qui fonctionne. Tout a été testé et éprouvé. Je n’ai pas cette inquiétude de me lancer dans l’inconnu total même si je choisis un secteur d’activité que je ne connais pas.
L’entrepreneuriat peut être un saut dans le vide. Ce saut est mieux maîtrisé en franchise, parce que le concept fonctionne, qu’il a été testé sur une ou plusieurs unités et a démonté des résultats.
Il y a un parachute qui sécurise le tout et c’est très important quand on est chef d’entreprise.
La franchise nous évite la solitude du dirigeant : le réseau est là à chaque étape et c’est très rassurant. Il ne faut pas oublier que la réussite d’aujourd’hui n’est pas celle de demain. On peut parfaitement réussir aujourd’hui et se planter demain. Et c’est là que le réseau a tout son rôle à jouer pour nous soutenir.
Et puis je pense qu’il ne faut pas négliger la force de tous les autres franchisés. On est accompagné par le franchiseur, c’est sûr, mais également par tous les autres franchisés, qui vivent exactement la même chose que nous et peuvent donc échanger, partager, conseiller.
Comprendre son marché : la clé avant de se lancer
Avant de choisir un réseau, faut-il analyser le marché ?
C’est capital de bien étudier le marché et de savoir dans quoi on se lancer. Chez Attila, par exemple, nous sommes sur un marché B to B lié à la maintenance et à la réparation. Nous disons que le toit le plus écologique, c’est celui que le client a déjà. Je savais que c’était un marché qui ne serait jamais à maturité, car il se renouvelle sans cesse.
Et l’IA ne pourra pas remplacer des métiers de main-d’œuvre comme la réparation.
Une fois qu’on est convaincu du potentiel de son marché, il faut oser. Parce que la beauté, la magie d’entreprendre, c’est aussi de repartir, de réapprendre des choses. C’est ça qui est magique dans nos vies professionnelles : on peut apprendre plein de choses en franchise. On est accompagné par un process de formation qui guide les jeunes dirigeants pour qu’ils puissent mieux maîtriser leur future activité.
Choisir sa franchise : ne pas s’arrêter aux droits d’entrée
Quels critères objectifs ont guidé votre choix de franchise ?
Un des critères, c’est la marge brute. Il faut un concept qui fonctionne, mais aussi une marge qui permette d’accompagner la croissance. Il est important de se renseigner sur le maillage en France et sur l’évolution du chiffre d’affaires de la franchise.
Et surtout ne vous bloquez pas sur de fausses économies, en vous arrêtant au montant des droits d’entrée, qui en freinent beaucoup. Ce qui compte, c’est la vision long terme. Le projet est plus important que le simple droit d’entrée que va vous demander la franchise.
Ne vous arrêtez pas à ça si vous devez entreprendre, ce serait vraiment une erreur qui pourrait vous priver de belles réussites !
Quelle étape vous a vraiment convaincu ?
Ce qui m’a fait arriver chez Attila, c’est le parcours de cooptation. J’ai rencontré quatre franchisés. Ils nous disent la vraie vie, comment ça se passe. Voir des franchisés qui nous ouvrent leurs portes, c’est exceptionnel et crucial. Cela m’a fait sauter le pas !
Financer sa franchise : une étape clé
Le financement de son entreprise est souvent une étape qui donne des sueurs froides. Avez-vous des conseils concrets pour être sûr de convaincre sa banque ?
Le banquier analyse avant tout un risque. Il regarde des tableaux Excel, pas votre enthousiasme, donc il faut lui expliquer clairement pourquoi vous portez ce projet. Le fameux why, le pourquoi vous le faites, est essentiel. Quand j’ai vendu mes cabinets AXA pour racheter l’agence Attila, mon banquier ne comprenait pas ma décision.
Je lui ai expliqué mon pourquoi, et c’est ce qui a fait la différence. Il faut que ce soit clair, vraiment limpide, pourquoi vous faites les choses. La franchise peut aussi vous aider à présenter les bons indicateurs pour rassurer la banque.
Il ne faut pas oublier que quand on crée son entreprise, il n’y a pas d’activité au départ, donc on finance surtout de la trésorerie. Vous vous appuyez sur les chiffres fournis par la franchise, les performances des centres pilotes, les résultats des autres franchisés, mais votre activité propre, elle, n’existe pas encore. Vous démarrez du vent, entre guillemets. Il faut vraiment porter votre projet à bout de bras et être sûr de ce que vous proposez.
Concernant l’apport personnel, le banquier va demander un engagement. C’est normal : il ne veut pas porter seul le risque. Il doit voir ce que vous êtes prêt à mettre pour montrer que vous êtes vraiment investi dans votre future entreprise. C’est pour cela qu’il faut généralement avoir environ 30% d’apport personnel avant d’aller voir sa banque.
Devenir franchisé : un vrai chef d’entreprise, pas un salarié déguisé
Est-ce que tout le monde peut devenir franchisé ? Faut-il des compétences ou qualités particulières ?
Il faut avant tout avoir en tête qu’un franchisé est un vrai chef d’entreprise, pas un salarié déguisé. Le franchiseur est certes là pour accompagner et soutenir, mais au quotidien, c’est un dirigeant qui teint seul la barre de son navire.
Cela demande de l’autonomie, une capacité à prendre des décisions et à assumer des responsabilités en permanence. Être dirigeant d’entreprise, qu’on soit franchisé ou non, implique une responsabilité civile et une responsabilité pénale. Le risque n’est pas anodin.
Pour autant, je ne me lève pas le matin en pensant uniquement au risque, sinon je ne pourrais pas vivre longtemps comme ça. Mais il fait partie du métier : on ne peut pas l’ignorer !
Et plus que tout être chef d’entreprise demande beaucoup d’humilité parce qu’encore une fois, la réussite d’aujourd’hui n’est pas celle de demain.
Tout peut basculer du jour au lendemain.
Il faut également aimer l’humain, parce qu’entreprendre c’est partager un projet avec ses équipes, dans lesquelles tout le monde rencontre des difficultés un jour ou l’autre. Devenir franchisé, c’est être prêt à s’investir personnellement à 300% dans son projet.
Pourquoi mettre l’énergie avant la finance ?
La finance est toujours la conséquence de ce qu’on met en place. La réalité au quotidien, c’est l’énergie. Je ne fais pas ça pour être riche, je fais ça pour créer de la richesse.
Franchiseur et franchisé : le duo qui évite les mauvais choix
On entend parfois qu’une fois lancé, un franchisé peut finalement se passer de son franchiseur. Est-ce une réalité pour vous ?
Ce serait une erreur de penser qu’on n’a plus besoin du franchiseur une fois le lancement effectué. En tant qu’entrepreneurs, nous avons tendance à rester dans notre bulle, à nous enfermer un peu dans nos activités.
C’est important d’avoir une aide extérieure pour éviter les mauvais choix et c’est le franchiseur qui est le plus à même de nous l’apporter.
La plus grande difficulté de l’entrepreneuriat est finalement l’isolement qu’on peut rencontrer. Et l’avantage de la franchise, c’est qu’on peut facilement contrer cet isolement grâce au réseau.
Réussir : une histoire d’audace avant tout
Pour finir, tout le monde peut réussir selon vous ?
On peut tous réussir, c’est une question de motivation et d’engagement ! Il faut avoir confiance en soi et, surtout, se lancer.
Finalement, le plus dur c’est de sauter le pas.
C’est ce premier pas qui coûte en général. Une fois qu’on est lancé, on se rend compte que créer son entreprise, c’est le plus beau des projets !
Aller plus loin dans son projet entrepreneurial
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Se lancer en franchise : les réponses essentielles à retenir
Faut-il être certain à 100 % pour se reconvertir ?
Non. La décision de se lancer repose rarement sur une certitude absolue. En franchise, c’est la capacité à assumer un choix et à porter un projet qui permet d’avancer.
La franchise limite-t-elle vraiment les risques ?
Elle ne les supprime pas, mais elle les encadre. Le franchisé bénéficie d’un concept testé, d’un cadre structurant et de l’appui du réseau, tout en restant pleinement responsable de son entreprise.
Quels critères doivent primer pour choisir une franchise ?
La solidité économique du modèle, la marge brute, la dynamique du réseau et les retours des franchisés existants pèsent davantage que le montant des droits d’entrée.
Comment convaincre sa banque lorsqu’on se lance en franchise ?
Les chiffres comptent, mais ils ne suffisent pas. Les établissements financiers évaluent aussi la cohérence du projet, l’engagement personnel et la capacité à expliquer clairement pourquoi on entreprend.
Qu’est-ce qui fait la différence sur la durée ?
L’énergie investie, l’humilité face au risque et l’appui du collectif. En franchise, l’accompagnement du franchiseur et la force du réseau permettent d’éviter l’isolement et les mauvais choix.
Sandrine Cazan, writer












