Soldes d'été 2026 : la canicule force le gouvernement à prolonger la période
La canicule de fin juin 2026 a percuté de plein fouet le lancement des soldes d'été. Résultat : le gouvernement vient d’annoncer une prolongation des soldes 2026, tandis que les commerces de centre-ville encaissent le coup et que les centres commerciaux tirent leur épingle du jeu.
Sandrine Cazan, writer
Publié le 23/06/2016 , Mis à jour le 29/06/2026, Temps de lecture: 7 min
Soldes d’été 2026 - En bref
- Les soldes d’été 2026, démarrés le 24 juin, sont prolongés jusqu’au 28 juillet à cause de la canicule.
- Le gouvernement a officialisé cette décision le 27 juin pour soutenir les commerces de proximité.
- Les centres commerciaux climatisés enregistrent +4,8% de fréquentation, les centres-villes subissent l’inverse.
- L’e-commerce capte une partie du trafic détourné des boutiques physiques.
- Le secteur de l’habillement aborde ces soldes avec un bilan déjà fragilisé depuis le début 2026.
Sommaire
- Une prolongation inédite pour les soldes d’été
- Centres commerciaux vs. commerces de centre-ville : deux réalités opposées
- Le secteur de l’habillement : des soldes dans un contexte déjà sous tension
- Ce que les commerçants peuvent en retenir
- Questions fréquentes sur les soldes 2026
Une prolongation inédite, décidée en urgence
Les soldes d’été 2026 ont débuté le mercredi 24 juin, conformément au calendrier fixé. Ils devaient initialement se terminer le mardi 21 juillet, pour une durée totale de quatre semaines, telle qu’elle est encadrée depuis la loi Pacte de 2019.
Mais le 27 juin 2026, le gouvernement a annoncé une prolongation de « l’ordre d’une semaine » pour soutenir les commerces de proximité, dont le démarrage avait été « considérablement ralenti par la canicule », selon les termes de Sébastien Lecornu. Les soldes d’été 2026 se termineront donc le 28 juillet.
C’est une situation inédite sous la réglementation actuelle. La durée des soldes, fixée à quatre semaines depuis 2020, n’avait jamais été prolongée pour cause météorologique. Cette décision fait suite à une demande coordonnée des organisations professionnelles du commerce, qui ont fait remonter des baisses de chiffre d’affaires comprises entre 10% et 30% dans plusieurs grandes villes, dont Paris, Bordeaux, Lyon ou encore Rouen.
Centres commerciaux vs. commerces de centre-ville : deux réalités opposées
Sur ce premier démarrage de soldes, la fracture entre formats de distribution s’est creusée de manière spectaculaire.
D’un côté, les centres commerciaux ont bénéficié d’un effet d’aubaine. Selon Christophe Noël, délégué général de la Fédération des acteurs du commerce et des territoires, interrogé sur Franceinfo dès le 24 juin, la fréquentation des centres commerciaux avait bondi de +4,8% sur la semaine précédant les soldes. En Île-de-France, région parmi les plus exposées à la chaleur, la hausse dépassait +7%. Les clients viennent y « chercher la climatisation », comme il l’a formulé lui-même. En périphérie, la fréquentation grimpait à +6%, quand elle ne progressait que de +1,8% dans les centres commerciaux de centre-ville.
De l’autre, les commerces indépendants de centre-ville, souvent sans climatisation, ont subi de plein fouet la désaffection des consommateurs, alors même que ces derniers se vantent de leur attachement au centre-ville. Plusieurs commerçants interrogés par Le Progrès décrivent des après-midis sans un seul client, malgré des vitrines affichant des remises dès le premier jour. Certains ont adapté leurs horaires, ferment en milieu de journée, rouvrent en fin de soirée. Mais la** perte de flux sur les premières heures d’un lancement de soldes** est, pour beaucoup, difficile à rattraper.
La CCI Paris Île-de-France l’a confirmé dans une note publiée le 26 juin : la canicule a « découragé les consommateurs qui ont déserté les boutiques » (*).
Seuls les grands magasins, qui combinent climatisation et attraction touristique, ont tiré leur épingle du jeu, grâce notamment à un flux de touristes internationaux.
Le troisième grand bénéficiaire de cet épisode est l’e-commerce. Selon Gildas Minvielle, directeur de l’observatoire économique de l’Institut français de la mode (IFM), Internet représente déjà près de 30% des ventes de vêtements en France. La canicule a accentué ce report, les consommateurs confinés chez eux se tournant naturellement vers leur écran.
Pour les franchisés du secteur du commerce textile et mode, cette dichotomie entre formats de vente n’est pas neutre. Selon que l’on exploite un point de vente en galerie commerciale climatisée ou en rue commerçante, la saison des soldes peut être vécue de manière radicalement différente.
En savoir plus
Même Shein se met aux boutiques physiques : quelles leçons pour le commerce en franchise ?Le secteur de l’habillement : des soldes dans un contexte déjà sous tension
Ces soldes d’été 2026 s’ouvrent dans un secteur de l’habillement déjà fragilisé depuis le début de l’année. Selon les données sectorielles récentes, les enseignes de mode ont connu une légère hausse de 0,2% du chiffre d’affaires en magasin en janvier 2026 par rapport à 2025, suivie d’une baisse d’environ 4,4% en février et 4,5% en mars. Les chiffres pour avril 2026 ne sont pas encore disponibles ou confirmés.
Côté consommateurs, l’enquête OpinionWay pour Mollie, réalisée fin mai auprès de 1.060 personnes, indiquait un budget moyen prévu pour les soldes de 357€ par foyer, en hausse de 124€ par rapport à l’édition précédente (**). Un signal encourageant, mais conditionné à la capacité des clients à se déplacer en magasin, ou à trouver les bonnes affaires en ligne.
Le précédent de 2025 est instructif : selon Procos, les ventes en magasins du commerce spécialisé avaient reculé de 3,2% sur un an lors d’un épisode caniculaire similaire en juin 2025, tandis que la fréquentation des points de vente baissait de 4,3%. Dans le même temps, les ventes web avaient progressé de 4,2%. La correction avait eu lieu avec la retombée des températures.
Les franchises qui recrutent dans le même secteur
Ce que les commerçants peuvent en retenir
La prolongation des soldes 2026 offre un filet de sécurité, mais elle ne compense pas mécaniquement les jours perdus. Le tempo des soldes se joue principalement sur la première semaine : c’est là que les clients viennent chercher les meilleures tailles et les remises les plus fortes. Une ouverture amputée par la chaleur perturbe tout le reste de la séquence.
Pour les réseaux de franchise du commerce spécialisé, plusieurs ajustements tactiques ont été observés sur le terrain :
- Adapter les horaires d’ouverture en concentrant l’activité sur les créneaux matinaux et en soirée, lorsque la chaleur se fait moins intense.
- Activer les canaux digitaux : site e-commerce, réseaux sociaux, email, pour capter les clients qui restent chez eux mais ont l’intention d’acheter.
- Maintenir la présence physique en galerie commerciale climatisée comme avantage compétitif structurel en période de canicule.
- Anticiper la rotation des stocks en tenant compte d’un report possible de la fréquentation vers les deux dernières semaines.
La canicule joue comme un révélateur. Elle met en lumière des fragilités structurelles déjà présentes : dépendance au flux piéton, absence de climatisation, manque de présence digitale.
Pour les porteurs de projet qui réfléchissent à leur positionnement en franchise de magasin, le choix de l’emplacement et du format du point de vente prend une dimension supplémentaire dans un contexte de chaleur de plus en plus fréquente.
Questions fréquentes
Jusqu’à quand durent les soldes d’été 2026 ?
Les soldes d’été 2026 ont débuté le mercredi 24 juin. Ils devaient initialement se terminer le 21 juillet. Suite à l’annonce gouvernementale du 27 juin, une prolongation a été décidée jusqu’au 28 juillet.
Pourquoi le gouvernement a-t-il prolongé les soldes d’été 2026 ?
Le gouvernement a invoqué le « démarrage considérablement ralenti par la canicule » pour justifier cette décision, annoncée le 27 juin 2026, avec l’objectif de soutenir les commerces de proximité fortement impactés.
Les centres commerciaux sont-ils avantagés par la canicule ?
Oui. Selon la Fédération des acteurs du commerce et des territoires, la fréquentation des centres commerciaux a progressé de +4,8% sur la semaine précédant les soldes, atteignant +7% en Île-de-France, les clients cherchant la climatisation.
Quel impact la canicule a-t-elle sur les ventes en ligne ?
La chaleur accélère le report vers l’e-commerce. Selon l’IFM, Internet représente déjà près de 30% des ventes de vêtements en France. Lors de la canicule de juin 2025, les ventes web avaient progressé de +4,2% pendant que la fréquentation physique chutait de 4,3%.
Combien de semaines durent les soldes en France ?
Depuis la loi Pacte de 2019 (arrêté ECOI1911930A du 27 mai 2019), les soldes durent quatre semaines par saison, contre six semaines auparavant. Les soldes d’été 2026 devraient, exceptionnellement, durer au moins 5 semaines.
Sources
(*) Soldes d’été 2026 : la canicule décourage les consommateurs
(**)[Baromètre Soldes d’été 2026 - ce que veulent vraiment les Français](https://www.mollie.com/fr/news/barometre-des-soldes-2026
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