Decathlon s’ouvre à la franchise : ce qu'il faut comprendre de cette phase test

Après près de cinquante ans de développement en propre, Decathlon teste depuis peu un modèle de franchise sur quatre magasins. Un premier bilan jugé concluant, qui devrait mener à d'autres ouvertures, même si le réseau restera majoritairement intégré.

Sandrine Cazan, writer

Publié le 16/08/2026 , Temps de lecture: 6 min

Decathlon s’ouvre à la franchise : ce qu'il faut comprendre de cette phase test

En bref

  • Decathlon expérimente la franchise sur 4 magasins en France depuis 2 à 3 ans, dont 3 en montagne.
  • Le groupe vise 2 milliards de clients dans le monde d’ici 2035, un objectif qui pousse à accélérer le maillage.
  • Decathlon reste « majoritairement un réseau succursaliste » : la franchise cible des zones précises, pas un déploiement généralisé.
  • Aucune grille officielle de critères d’entrée n’a encore été communiquée pour les candidats.

Un test grandeur nature sur quatre magasins

C’est lors de la présentation de ses résultats annuels 2025 que Décathlon a levé le voile sur cette expérimentation. Javier Lopez, directeur général monde du groupe, et Bastien Grandgeorge, directeur général de Decathlon France, ont dressé le bilan d’une phase pilote engagée discrètement depuis deux à trois ans : un magasin en plaine et trois magasins situés en zone de montagne, dont l’un a ouvert ses portes à Villard-de-Lans fin 2025.

Selon la direction française, cette période a permis de mettre le concept à l’épreuve du terrain avant d’envisager un déploiement plus large. Prochaine étape annoncée : profiter de la saison de sports d’hiver à venir pour ouvrir de nouveaux points de vente en zone de montagne, ainsi que dans des zones de chalandise plus restreintes, c’est-à-dire des bassins de population trop petits pour justifier l’implantation d’un magasin en propre.

« Cela nous a permis d’éprouver le concept. Maintenant, nous passons à la phase suivante », a résumé Bastien Grandgeorge lors de la présentation des résultats annuels 2025 du groupe. Une formule qui confirme que la phase test est désormais considérée comme concluante en interne.

C’est là toute la logique du dispositif : la franchise n’est pas pensée comme une alternative au modèle historique, mais comme un outil pour aller là où le réseau intégré ne peut, ou ne veut, pas investir seul.

Franchise Decathlon : comment ça marche ?

Premier point à clarifier pour tout porteur de projet qui s’intéresserait au sujet : le dispositif de la franchise Decathlon s’applique pour le moment uniquement à des magasins de montage, dans lesquels une unité classique ne serait pas assez rentable pour le groupe.

Concrètement, l’entrepreneur partenaire exploite son magasin sous enseigne Décathlon dans certaines zones géographiques préalablement bien définies par le réseau. Ce dernier compte en effet bien rester un réseau succursaliste avant tout même si la franchise va lui permettre d’atteindre plus rapidement ses objectifs de développement en France et à l’international.

Pourquoi Décathlon s’ouvre à la franchise maintenant

Le timing n’est pas neutre. Décathlon a affiché en 2025 un volume d’affaires de 20,7 milliards d’euros, en hausse de 7,1%, avec 1.902 magasins répartis dans 82 pays. Face à l’objectif fixé par la direction, qui est d’« impacter positivement un milliard de personnes, d’ici 2023, tout en agissant pour préserver notre terrain de jeu commun, la planète », (Javier López, Directeur général de Decathlon), le rythme d’ouvertures d’un réseau uniquement composé de magasins en propre ne suffit plus. La franchise devient alors un accélérateur de maillage territorial, en France comme ailleurs.

Mais la direction a tenu à cadrer le message : il ne s’agit pas d’un changement de modèle économique. Decathlon a clairement indiqué vouloir rester majoritairement un réseau succursaliste, la franchise étant conçue comme un complément ciblé sur des zones précises, plutôt que comme un nouveau pilier de développement généralisé.

Pour un porteur de projet, ce distinguo est essentiel : il ne faut pas s’attendre à un plan de déploiement massif façon McDonald’s ou Yves Rocher, mais plutôt à des ouvertures ponctuelles, concentrées sur des zones géographiques bien spécifiques où le modèle en propre n’est pas rentable.

Bastien Grandgeorge a d’ailleurs résumé cette ambition d’une formule imagée, se disant vouloir être « aux quatre coins du monde mais aussi aux quatre coins de la France », une façon de rappeler que le maillage territorial reste l’objectif premier, bien avant la construction d’un réseau de franchise à grande échelle.

Un mouvement à resituer dans une stratégie mondiale

Ce test français s’inscrit dans une dynamique plus large. À l’international, Decathlon s’appuie depuis longtemps sur des master franchisés, aujourd’hui présents dans une vingtaine de pays. La franchise n’est d’ailleurs pas une nouveauté pour la marque hors de France : elle y a recours depuis le milieu des années 2000, avec des développements notamment en Guadeloupe, en Martinique, en Corse, ainsi que dans plusieurs pays d’Europe, d’Asie et du Moyen-Orient.

L’enjeu, pour la France, est donc moins d’inventer un nouveau modèle que d’adapter à son marché domestique une mécanique déjà éprouvée ailleurs, avec les mêmes garde-fous en matière de contrôle de marque.

Ce que ça change (ou pas) pour un porteur de projet aujourd’hui

C’est la question qui vous intéresse le plus directement si vous souhaitez vous lancer sur le marché de la vente d’articles de sport, et la réponse honnête est qu’il est encore trop tôt pour candidater dans des conditions clairement établies. À ce stade, Décathlon n’a communiqué aucune grille officielle de critères d’entrée, ni de niveau d’investissement ou d’apport personnel requis pour devenir partenaire. La direction elle-même a indiqué prendre son temps avant de préciser les conditions d’accès au réseau.

Ce qu’on peut en revanche raisonnablement anticiper, sur la base des annonces faites :

  • Des zones ciblées : stations de montagne et bassins de chalandise réduits en priorité, plutôt qu’une ouverture généralisée du territoire.
  • Un calendrier resserré autour de l’hiver : la prochaine saison de sports d’hiver a été explicitement citée comme jalon pour de nouvelles ouvertures.
  • Un profil encore flou : aucune communication sur le profil recherché (investisseur, professionnel du sport, ancien salarié du groupe), un point à surveiller dans les prochains mois.

Pour un porteur de projet séduit par la notoriété de la marque, la prudence reste donc de mise. Mieux vaut suivre attentivement les prochaines communications officielles du groupe, notamment sur sa fiche franchise Décathlon. Les candidats à la reprise ou à la création dans le secteur du sport peuvent, dans l’intervalle, consulter les franchises de magasin de sport déjà ouvertes au recrutement.

Sources :

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Sandrine Cazan, writer

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