Il a réussi dans la Loire et la Haute-Loire : le parcours de Thierry, pluri-franchisé Attila et My Beers
Il y a des parcours qui ressemblent à une ligne droite. Celui de Thierry Bastin, lui, s'est construit par rencontres successives, jusqu'à devenir le dirigeant de plusieurs franchises.
Interview de Thierry Bastin, Multifranchisé Attila
Publié le 09/10/2026 , Temps de lecture: 5 min
Multifranchisé Attila depuis quatorze ans à Andrézieux-Bouthéon et au Puy-en-Velay, il est également plurifranchisé My Beers à L’horme, enseigne dans laquelle il a investi en famille. Thierry incarne une forme d’entrepreneuriat qui avance pas à pas, sans forcer le destin, mais sans jamais le laisser filer.
Le déclic : quand la méfiance se transforme en évidence
Tout commence au Forum Franchise de Lyon il y a des années. Thierry n’y vient pas pour Attila. L’enseigne, à vrai dire, ne l’attire pas particulièrement. Mais c’est en croisant Pierre-Michel Cros, du cabinet Maturae, puis en échangeant avec les équipes du réseau, que la perception de l’enseigne change. Il adhère totalement aux valeurs de la franchise et à son accompagnement sur un métier technique qu’il ne maîtrise pas encore. « C’est tout à fait en phase avec ce que je veux. Je suis capable, et je veux y aller. »
Thierry voulait entreprendre, mais n’avait pas d’idée sur le secteur et l’activité à lancer. C’est la rencontre, plus que le concept Attila et son ADN, qui a fait basculer sa décision.
Une croissance organique, le passage à la multi-franchise
De cette première agence est née une dynamique entrepreneuriale. Une agence devient deux, puis trois. « Tout s’est fait de manière naturelle au fil des rencontres ». Cette philosophie de la croissance par opportunités dessine déjà le portrait d’un entrepreneur à l’écoute de son environnement.
Mais entreprendre, pour Thierry Bastin, ce n’est pas seulement accumuler. C’est aussi savoir transmettre. Le 31 décembre dernier, il a cédé une de ses agences à sa responsable, une salariée de longue date.
« On a fait une transmission, elle est devenue entrepreneure. Elle était chez Attila, donc je lui ai dit : pourquoi ne pas sauter le pas ? ». Une transaction, certes, mais surtout une preuve que la franchise sait aussi fabriquer des vocations.
Entreprendre en famille : le pari du cœur
Son parcours ne s’arrête pas à Attila. Il y a trois ans, Thierry a choisi de se lancer dans une aventure différente avec la franchise My Beers, avec son fils, son gendre, sa femme et sa fille : « J’avais envie de développer quelque chose en famille, avec une ambiance plus festive. »
Un projet qu’il a volontairement laissé grandir, en se positionnant en simple « superviseur » tandis que la nouvelle génération prend les commandes opérationnelles.
Entreprendre en famille n’a rien d’un long fleuve tranquille : « C’est facilement difficile. Il y a beaucoup de choses qui se font naturellement. Par contre, on a les mêmes valeurs. Parfois sur l’opérationnalité, on peut être désaligné et là, c’est plus compliqué. Les ambiances de repas de famille tournent beaucoup autour du pro. »
Ce qui le touche profondément, pourtant, c’est de voir évoluer les siens. « Ce qui est intéressant pour moi, c’est de voir passer les jeunes, mon gendre et mon fils, d’un statut de tenancier de bar à un profil d’entrepreneur. » Une transformation qu’il observe avec la fierté.
La posture du dirigeant : apprendre à prendre de la distance
Quand on lui demande comment on devient véritablement chef d’entreprise, Thierry ne prétend pas détenir de recette magique. « Je ne sais pas. On évolue déjà au fil du temps. Plus on prend du recul par rapport à nos activités à l’opérationnel et plus on est en capacité d’emmener nos équipes. »
Pour lui, diriger ne consiste pas à tout contrôler, mais à donner du sens. « Il faut avoir un vrai projet et amener nos équipes à faire front ensemble, une unité, pour atteindre les objectifs. Il faut arrêter avec les organisations préconçues, laisser chacun trouver sa place, pour que l’intérêt individuel rejoigne l’intérêt collectif. »
Il partage son emploi du temps entre les 2 enseignes. Sur Attila, il accompagne les responsables d’agence au plus près. Sur My Beers, il privilégie des points téléphoniques en semaine, mais se réserve chaque vendredi soir pour être sur le terrain : « Je finis la semaine à My Beers. Ça me permet effectivement de voir aussi, parce que par téléphone on ne voit pas tout. Et je veux échanger avec les clients. C’est un rapport encore différent. On va voir comment évolue la structure. Je suis plutôt en support, je dirais, de décisions plus stratégiques. »
Depuis qu’il a cédé une partie de ses responsabilités opérationnelles, Thierry reconnaît avoir changé de posture : « Je suis encore moins dans l’opérationnel. Ça permet d’avoir plus de recul et d’essayer d’anticiper au mieux. » Mais ce recul s’accompagne d’une vigilance de chaque instant : « La difficulté, c’est de trouver la bonne distance. Si on n’est pas là trop souvent, les équipes peuvent se sentir désœuvrées et manquer de repères. »
Sa méthode ? Ajuster en permanence sa présence, demander, écouter : « Je demande régulièrement s’ils ont besoin de ma présence, de mon assistance. » En fonction des besoins.
Une trajectoire qui inspire
Du doute initial devant une enseigne au métier technique qu’il ne maitrisait pas, à la gestion simultanée de deux réseaux, en passant par une transmission réussie et une aventure familiale, le parcours de Thierry démontre qu’on peut entreprendre sans certitude absolue au départ, à condition de rester à l’écoute des rencontres, des équipes et de soi-même.
La réussite ne se décrète pas, elle se construit patiemment.
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Voir les enseignesElodie Castillo, writer










