Jean Babonneau, franchisé La Mie Câline à Montbrison : la franchise n'est pas « un monde tout rose »
Ancien restaurateur passé par la banque, Jean Babonneau s’est relancé à son compte avec La Mie Câline à Montbrison. Sans vendre du rêve : on ne devient pas « tout de suite riche », prévient-il. Il raconte ce que le réseau lui apporte, et ce que la franchise exige.
Interview de Jean Babonneau, Franchisé La Mie Câline à Montbrison
Publié le 29/10/2026 , Temps de lecture: 6 min
Fiche d’identité
- Nom : Jean Babonneau
- Âge : 34 ans
- Profession : Franchisé La Mie Câline, franchisé à Montbrison (Loire)
- Formation : cuisinier
- Parcours : restaurant indépendant ouvert avec sa femme (4 ans), puis secteur bancaire, puis franchise
- Ouverture de sa boutique : août 2023, avec son associé
Le cookie à 10 centimes de plus : la tentation que Jean combat chaque jour
Son best-seller, c’est le cookie. Et c’est avec lui que Jean illustre le piège du franchisé : « On se dit, je vais le vendre 10 centimes plus cher [que ce que me conseille le réseau] si je rajoute une chantilly dessus. Et c’est là-dessus qu’il faut lutter, pour rester dans les clous du concept, parce qu’on a signé pour ça et que c’est la modélisation qui est importante et qui fait la force du groupe. », prévient le franchisé.
Un monde tout rose ? Ce que la franchise exige vraiment
Être franchisé, comme tout patron, exige un engagement personnel et familial important. Jean est clair : « On est quand même chef d’entreprise, donc il faut avoir un goût du risque. Il faut être travailleur, on est obligé de travailler, ça demande beaucoup d’efforts. »
Il tempère aussi les promesses :
Il ne faut surtout pas penser que c’est un monde tout rose et qu’on va tout de suite devenir riche ou tout de suite avoir beaucoup de temps libre.
Il insiste sur l’entourage : « C’est hyper important d’être bien entouré. Et c’est hyper important aussi de protéger sa famille de tout ça. Parce qu’on n’a plus cette barrière de je quitte le boulot et je rentre à la maison. Si on se laisse porter, on travaille non-stop. »
Comment Jean est-il passé du restaurant à la franchise ?
À 34 ans, Jean Babonneau a déjà connu plusieurs vies professionnelles. Cuisinier de formation, il a ouvert son restaurant avec sa femme pendant quatre ans, avant de bifurquer vers le secteur bancaire. « L’envie de me relancer en tant qu’indépendant me titillait quand même pas mal », confie-t-il.
La franchise n’était pourtant pas une évidence : « Je connaissais pas du tout ce monde-là en fait. » Le déclic vient d’un ami déjà franchisé, qui lui en donne une définition : « Globalement, la franchise, c’est une entreprise clé en main, c’est-à-dire l’indépendance et la liberté d’un chef d’entreprise mais avec le suivi, les conseils d’un réseau et d’autres collègues franchisés pour nous entourer. »
Jean contacte alors plusieurs enseignes dans des secteurs très variés. Il choisit La Mie Câline, séduit par la notoriété de la marque et par un modèle économique qui correspond à ses attentes.
Quelle différence entre indépendant et franchisé ?
Pour Jean, la différence tient en un mot : le temps.
« Quand on est chef d’entreprise, il faut porter plusieurs casquettes, dont des casquettes qu’on ne veut pas forcément porter, qui nous empêchent de mener à bien notre cœur de métier », explique-t-il. « La chose la plus importante, c’est le temps, et ça la franchise elle nous l’apporte via des solutions, via un accompagnement. »
Son exemple : les achats. « Je suis très mauvais acheteur, c’est quelque chose que je ne sais pas faire et que je ne veux pas faire. Moi c’est mon franchiseur qui s’occupe de toute la partie achat et ça me va très bien comme ça, je me concentre sur la vente. »
Le cahier des charges est-il une contrainte ?
Certains porteurs de projet s’inquiètent à l’idée de devoir respecter un cahier des charges strict en rejoignant une franchise. Ils y voient une contrainte forte. Pas Jean, qui a connu l’indépendance totale avant. « Je ne suis pas frustré par ce côté maintenant où j’ai un cahier des charges. » Il préfère se concentrer sur « faire grandir mes équipes, faire évoluer le magasin : ça m’a libéré du temps, ça me va parfaitement. »
Il insiste sur un point : ne pas chercher à réinventer un modèle qui a fait ses preuves. « Il y a 240 magasins. Il y en a 239 qui arrivent en faisant ce modèle. Donc, je n’aurai jamais la prétention de dire moi, je vais révolutionner le truc. Ça n’a pas de sens. »
Que change le réseau face aux difficultés ?
Les difficultés restent les mêmes, mais on les affronte à plusieurs. Concurrence, baisse du pouvoir d’achat, aléas économiques : « On rencontre tout le temps ces difficultés », reconnaît Jean. La différence avec l’indépendance : « Je ne suis pas seul dans le bateau. On est 240 franchisés à vivre la même chose, avec certains qui ont plus d’expérience, donc qui partagent leurs expériences et qui soit nous remotivent, soit trouvent des solutions. »
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Maladie, Covid, chute d’activité : comment la franchise aide à rebondir après un coup dur ?L’expertise du franchiseur l’a aussi aidé sur des points techniques : « des lectures de baux par exemple, la création du magasin ou des clauses où je serais passé complètement à côté. »
Quant à la relation avec la tête de réseau, il la décrit comme un partenariat : « On est sur un même rapport d’échelle. Il n’y a pas de rapport hiérarchique entre nous. » Et il résume : « Eux ils peuvent pas s’enrichir sans nous et inversement. Donc en fait on va tous dans la même direction. »
Comment bien préparer son projet ? L’enquête métier
Rencontrer des franchisés en poste, y compris ceux que le franchiseur ne recommande pas. Avant de se lancer, Jean en a « questionné un paquet ». Il prévient : « Ils ne nous montrent surtout pas quels franchisés aller voir. C’est hyper important parce que les expériences sont pas toutes les mêmes et il peut y avoir des mécontents, et c’est aussi intéressant de savoir pourquoi eux ça s’est mal passé. »
Faut-il lire le DIP avant de signer ?
La lecture approfondie du DIP avant de signer son contrat est, pour Jean, le point numéro un. « Il faut lire le DIP. Il faut poser toutes les questions avant pour être sûr d’aller là où on va. »
Le piège, selon lui : « Se dire, il y a des choses que je ferai après. Mais après, la locomotive est lancée, ça va à toute allure, on ne peut plus, c’est trop tard. »
Son conseil à ceux qui hésitent
« Aller au contact de franchisés, sauter le pas déjà, prendre rendez-vous avec des franchiseurs, aller discuter avec des franchisés. Sauter ce pas-là, en fait ! »
En bref - Les conseils de Jean Babonneau pour réussir en franchise
- Faire une vraie enquête métier : rencontrer un maximum de franchisés en poste, pas seulement ceux proposés par le franchiseur.
- Écouter aussi les mécontents : comprendre pourquoi cela s’est mal passé pour eux.
- Lire le DIP et poser toutes ses questions avant de signer.
- Ne pas repousser ses questions à après l’ouverture.
- Accepter le concept plutôt que vouloir le réinventer.
- Impliquer et protéger sa famille, car on ne coupe plus entre le travail et la maison.
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Voir les enseignesSandrine Cazan, writer










