Seuil de rentabilité : comment le calculer et surtout l’interpréter

Le seuil de rentabilité est un indicateur clé pour réussir en franchise. Découvrez sa méthode de calcul et surtout la manière de l'interpréter.

Sandrine Cazan, writer

Publié le 28/12/2022 , Mis à jour le 19/12/2025, Temps de lecture: 7 min

Seuil de rentabilité : comment le calculer et surtout l’interpréter

Le seuil de rentabilité est un indicateur central pour tout entrepreneur. Il permet de déterminer à partir de quel niveau d’activité une entreprise commence à couvrir l’ensemble de ses charges. En franchise comme en création indépendante, ce calcul est incontournable, aussi bien pour construire un business plan que pour piloter la performance au quotidien.

Encore faut-il comprendre ce qu’il recouvre réellement, savoir le calculer correctement et, surtout, l’interpréter avec discernement.

Qu’est-ce que le seuil de rentabilité ?

Le seuil de rentabilité correspond au niveau de chiffre d’affaires à partir duquel l’entreprise ne génère ni perte ni bénéfice. En dessous, l’activité est déficitaire. Au-dessus, elle devient rentable.

Ce seuil de rentabilité repose sur une logique simple : distinguer les charges fixes des charges variables afin d’identifier le point d’équilibre économique de l’entreprise.

Cet indicateur est parfois confondu avec le point mort, pourtant la nuance entre les deux notions est importante.

Le seuil de rentabilité s’exprime en chiffre d’affaires, tandis que le point mort traduit ce seuil en durée d’activité.

Il va par exemple être exprimé en nombre de jours ou de mois nécessaires pour l’atteindre.

Charges fixes et charges variables : une distinction clé

Pour calculer un seuil de rentabilité pertinent, il est indispensable de bien qualifier les charges qui sont dues.

Les charges fixes sont celles qui ne varient pas en fonction du niveau d’activité. On y retrouve notamment le loyer, les salaires fixes, les assurances, les abonnements, ou encore certaines redevances en franchise.
Les charges variables, à l’inverse, évoluent avec le volume d’activité. Il s’agit par exemple des achats de marchandises, des matières premières, des commissions variables ou des coûts logistiques liés aux ventes.

Une mauvaise répartition entre charges fixes et variables fausse mécaniquement le calcul du seuil de rentabilité. C’est une erreur fréquente dans les prévisionnels trop rapides.

La formule de calcul du seuil de rentabilité

Le calcul du seuil de rentabilité repose sur deux étapes.

Première étape : déterminer la marge sur coûts variables.

Elle correspond à la différence entre le chiffre d’affaires et les charges variables.

Deuxième étape : appliquer la formule suivante :

Seuil de rentabilité = Charges fixes / Taux de marge sur coûts variables

Le taux de marge sur coûts variables se calcule en divisant la marge sur coûts variables par le chiffre d’affaires.

Ce raisonnement permet d’identifier le chiffre d’affaires minimum à atteindre pour absorber l’ensemble des charges fixes.

Exemple pour bien calculer son seuil de rentabilité

Prenons le cas d’un point de vente réalisant un chiffre d’affaires annuel prévisionnel de 300.000 euros.

Les charges variables représentent 180.000 euros.
La marge sur coûts variables est donc de 120.000 euros, soit un taux de 40 %.
Les charges fixes annuelles s’élèvent à 90.000 euros.

Le seuil de rentabilité est alors de :
90 000 / 0,40 = 225 000 euros de chiffre d’affaires.

Concrètement, l’entreprise commence à dégager un résultat positif à partir de ce niveau d’activité.

Du seuil de rentabilité au point mort

Pour affiner l’analyse une fois que ce calcul a été effectué, le seuil de rentabilité, exprimé en euros (ou autre monnaie selon le pays) peut être converti en point mort, c’est-à-dire en durée.

Si l’activité est répartie de manière homogène sur l’année, le calcul est simple :
Point mort = (Seuil de rentabilité / Chiffre d’affaires annuel) × 365 jours.

Dans l’exemple précédent, le point mort se situe autour de neuf mois d’activité.

Cette lecture temporelle est particulièrement utile pour un créateur ou un franchisé en phase de lancement car elle lui permet de savoir à partir de quel moment il pourra générer un bénéfice.

Seuil de rentabilité et franchise : des spécificités à intégrer

En franchise, la formule pour calculer son seuil de rentabilité doit intégrer plusieurs éléments spécifiques :

  • Les redevances peuvent être fixes, variables ou mixtes. Leur nature influence directement la structure des charges.
  • Les frais de marketing réseau ou de communication nationale doivent également être pris en compte, même s’ils ne varient pas toujours avec le chiffre d’affaires local.

Par ailleurs, certains coûts sont parfois sous-estimés dans les premières versions du prévisionnel, comme la masse salariale réelle ou les frais liés à l’exploitation du local.

Le seuil de rentabilité d’un franchisé ne se lit donc jamais de manière isolée. Il doit être confronté aux données du réseau, aux ratios communiqués dans le DIP et aux performances observées sur des unités comparables.

Comment interpréter réellement son seuil de rentabilité ?

Un seuil de rentabilité bas n’est pas automatiquement synonyme de modèle solide. Inversement, un seuil plus élevé peut être acceptable si le potentiel de chiffre d’affaires est important.

Ce qui compte, c’est l’écart entre le seuil de rentabilité et le chiffre d’affaires réalisable sur la zone de chalandise. C’est ce que l’on appelle la marge de sécurité.

Plus cette marge est confortable, plus l’entreprise est en capacité d’absorber une baisse d’activité ou une hausse imprévue des charges.

Réduire son seuil de rentabilité : quels leviers ?

Plusieurs leviers permettent d’agir sur le seuil de rentabilité :

  • Réduire les charges fixes est le plus direct, mais souvent le plus contraignant.
  • Optimiser la marge sur coûts variables est souvent plus réaliste, via une meilleure politique d’achat ou une évolution des prix.
  • Augmenter le chiffre d’affaires, enfin, reste le levier le plus naturel, à condition que la structure de coûts le permette.

Ces arbitrages doivent être faits en cohérence avec le positionnement de l’enseigne et la stratégie globale du réseau.

Les limites du seuil de rentabilité

Le seuil de rentabilité reste un indicateur statique.

Il ne prend pas en compte la saisonnalité, les investissements futurs, ni les variations de trésorerie.

Il doit donc être utilisé comme un outil d’aide à la décision, et non comme une vérité absolue. En pratique, il gagne à être recalculé régulièrement, notamment en cas d’évolution de l’activité ou des charges.

Un indicateur clé, à manier avec méthode

Le seuil de rentabilité est un repère fondamental pour tout entrepreneur. Bien calculé et correctement interprété, il permet de sécuriser un projet, d’anticiper les besoins de financement et de piloter l’activité avec plus de lucidité.

En franchise, il constitue un point de passage obligé pour évaluer la viabilité réelle d’un projet, au-delà des effets d’annonce ou des projections trop optimistes.

A retenir - Seuil de rentabilité : ce qu’il faut vérifier avant de se lancer

Avant de valider votre seuil de rentabilité, vous devez impérativement vous assurer que :

  • Les charges fixes sont complètes et réalistes
  • Les charges variables intègrent bien les redevances et coûts spécifiques à la franchise
  • La marge sur coûts variables est cohérente avec les standards du réseau
  • Le seuil est compatible avec le potentiel réel de la zone de chalandise
  • Le point mort est atteignable dans un délai compatible avec la trésorerie disponible
  • Une marge de sécurité suffisante existe entre le seuil et le chiffre d’affaires prévisionnel

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FAQ – Seuil de rentabilité

Quelle est la différence entre seuil de rentabilité et point mort ?

Le seuil de rentabilité correspond au chiffre d’affaires à partir duquel l’entreprise couvre l’ensemble de ses charges. Le point mort traduit ce seuil en durée, en indiquant le moment où il est atteint dans l’année.

Les redevances de franchise doivent-elles être intégrées au calcul ?

Oui. Les redevances fixes sont à intégrer dans les charges fixes. Les redevances proportionnelles au chiffre d’affaires doivent être traitées comme des charges variables.

Le seuil de rentabilité est-il identique d’un franchisé à l’autre ?

Non. Il dépend notamment du niveau de charges, de la localisation, de la taille du point de vente et des conditions d’exploitation. Deux franchisés d’un même réseau peuvent avoir des seuils très différents.

Les banques analysent-elles le seuil de rentabilité ?

Oui. Le seuil de rentabilité fait partie des indicateurs étudiés lors de l’analyse d’un dossier de financement, notamment pour évaluer la marge de sécurité du projet.

À quelle fréquence faut-il recalculer son seuil de rentabilité ?

Le seuil doit être recalculé dès qu’une charge évolue significativement ou lorsque l’activité connaît un changement structurel. En pratique, un suivi annuel est un minimum.

Le seuil de rentabilité suffit-il pour juger de la viabilité d’un projet ?

Non. Il doit être analysé conjointement avec d’autres indicateurs, comme la trésorerie, la capacité d’autofinancement ou la rentabilité nette.

Sandrine Cazan, writer

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