Combien coûte une franchise ? Le dossier complet pour budgéter votre projet
Droits d'entrée, apport personnel, royalties, communication : ouvrir une franchise implique plusieurs postes de dépenses distincts. Ce dossier décrypte chaque coût, avec les chiffres les plus récents, pour bâtir un budget solide avant de vous engager.
Benjamin Thomas, writer
Publié le 19/05/2026 , Temps de lecture: 12 min
En bref
-
Le droit d’entrée moyen en franchise est d’environ 17.000€, mais varie fortement selon le secteur.
-
L’apport personnel se situe généralement entre 20% et 40% de l’investissement total.
-
Selon la 21e Enquête Banque Populaire/FFF (2025), 63% des franchisés ont lancé leur activité avec moins de 200.000€.
-
Les royalties oscillent en moyenne entre 3% et 7% du chiffre d’affaires HT.
-
La redevance publicitaire représente en moyenne entre 1% et 3% du CA.
Sommaire
-
Qu’est-ce qu’une franchise et pourquoi ça coûte de l’argent ?
-
Les redevances périodiques : le coût récurrent de la franchise
-
La redevance publicitaire : financer la communication nationale
Qu’est-ce qu’une franchise et pourquoi ça coûte de l’argent ?
La franchise est un accord commercial contractuel entre deux entreprises juridiquement et financièrement indépendantes : le franchiseur et le franchisé. Une fois le contrat de franchise signé, le franchisé accède à la marque, au savoir-faire, aux outils et à l’accompagnement du réseau.
Ce modèle a un prix. En contrepartie de la notoriété immédiate, de la formation et de l’assistance, le franchisé verse des sommes au franchiseur à deux moments distincts : à l’entrée dans le réseau, puis tout au long du contrat. Comprendre la structure de ces coûts est la première étape pour construire un plan de financement réaliste.
Le droit d’entrée : le premier chèque à signer
Le droit d’entrée, aussi appelé redevance initiale forfaitaire, est versé une seule fois, à la signature du contrat. Il rémunère le franchiseur pour tout le travail réalisé en amont : recrutement, formation initiale, accompagnement à l’ouverture, transmission du savoir-faire et droit d’exploiter la marque.
Son montant n’est pas arbitraire. Il reflète la notoriété du réseau, la rentabilité potentielle du concept et la densité des services fournis. Une enseigne bien implantée, capable de générer rapidement du chiffre d’affaires, justifie mécaniquement un droit d’entrée plus élevé.
Ce que disent les chiffres
Selon une étude menée par Toute la Franchise sur plus de 466 réseaux :
| Tranche de droit d’entrée | Part des enseignes |
|---|---|
| Moins de 5.000€ | 8% |
| Entre 5.000€ et 10.000€ | 20% |
| Entre 10.000€ et 20.000€ | 36% |
| Plus de 20.000€ | 26% |
Le droit d’entrée moyen toutes enseignes confondues avoisine 17.000€. Dans les secteurs à forte rentabilité comme la restauration rapide, la fourchette monte généralement entre 20.000€ et 55.000€.
Ce que le droit d’entrée ne couvre pas forcément
Attention : la formation initiale n’est pas systématiquement incluse dans le droit d’entrée. Certains réseaux la facturent séparément. Avant de signer, vérifiez précisément ce que couvre ce premier versement.
Certaines enseignes ne demandent aucun droit d’entrée. Ce n’est pas forcément une bonne affaire : elles se rémunèrent alors par d’autres mécanismes, par exemple via des marges sur les approvisionnements, des packs de prestations ou des commissions sur les ventes. La question à poser est toujours : comment le franchiseur se rémunère-t-il ?
L’investissement total : ce que recouvre vraiment le budget
Le droit d’entrée ne représente qu’une partie du budget global. Créer une franchise, c’est aussi financer tous les éléments nécessaires au démarrage de l’activité :
-
Les frais de création de structure (comptable, avocat, greffe du tribunal de commerce)
-
Les travaux d’aménagement du local, qui peuvent varier de quelques centaines à plusieurs milliers d’euros par mètre carré selon le secteur, le local et le cahier des charges du réseau
-
L’achat de matériel (informatique, équipements spécifiques, véhicules)
-
Le stock initial (de quelques jours à 60 jours de chiffre d’affaires selon le secteur)
-
Les frais de communication d’ouverture
-
Le fonds de roulement, indispensable pour couvrir les charges courantes avant d’atteindre l’équilibre
La répartition moyenne d’un investissement en franchise
| Poste de dépense | Part estimée |
|---|---|
| Droits d’entrée | ~15% |
| Aménagement du local | ~25% |
| Stock initial | ~12% |
| Matériel | ~10% |
| Formation | ~5% |
| Trésorerie de démarrage | ~23% |
| Communication | ~10% |
Quel budget total prévoir ?
Selon la 21e Enquête annuelle de la Franchise Banque Populaire/FFF (2025), 63% des franchisés ont lancé leur activité avec un investissement initial inférieur à 200.000€, tandis que 37% ont investi 200.000€ ou davantage. Cette répartition confirme que les projets accessibles sont majoritaires, mais que les secteurs lourds en équipement ou en immobilier peuvent rapidement dépasser ce seuil.
À retenir : l’investissement total dépend avant tout du secteur d’activité, mais aussi de la localisation, de la taille du local et du niveau d’aménagement exigé. Les réseaux de services à la personne ou aux entreprises restent accessibles avec des budgets modestes. Les concepts de restauration ou de commerce de détail nécessitent des enveloppes bien plus conséquentes.
L’apport personnel : combien faut-il avoir en poche ?
L’apport personnel est la somme que le porteur de projet investit sur ses propres fonds. Il ne correspond pas à un poste de dépense spécifique (il ne “paye” pas les droits d’entrée en particulier) : c’est simplement la part de l’investissement total financée sans recourir à l’emprunt.
La règle généralement appliquée par les banques est de l’ordre de 30% de l’investissement global. Par exemple, pour un projet à 150.000€, cela représente 45.000€ d’apport personnel. Dans les faits il s’agit plutôt d’une fourchette comprise entre 20 et 40% selon le type de projet (création ou reprise, secteur d’activité, etc.), mais aussi le profil du candidat et les exigences de la banque.
L’apport personnel remplit deux fonctions :
-
Rassurer les partenaires financiers : une banque prête plus facilement à un entrepreneur qui met lui-même de l’argent sur la table.
-
Sécuriser le démarrage : un projet sous-capitalisé fragilise l’entreprise dès les premiers mois.
Pour les porteurs de projet disposant d’un apport limité, des solutions existent : prêts d’honneur via Initiative France ou Réseau Entreprendre, garanties Bpifrance, aides régionales. Ces dispositifs permettent de compléter l’apport sans alourdir la dette bancaire. Les conditions d’éligibilité étant variables selon les organismes et les territoires, il est recommandé de valider ces points avec un conseiller spécialisé.
Il existe par ailleurs de nombreuses franchises accessibles avec un apport de 5.000€ ou moins, notamment dans les secteurs des services.
Les redevances périodiques : le coût récurrent de la franchise
Contrairement au droit d’entrée, les royalties (ou redevances d’exploitation) sont versées tout au long de la durée du contrat. Elles rémunèrent les services continus fournis par le franchiseur après l’ouverture : animation du réseau, assistance technico-commerciale, formation continue, R&D, centrale d’achat, etc.
Leur calcul repose le plus souvent sur un pourcentage du chiffre d’affaires HT. Selon les données disponibles, 80% des réseaux appliquent une redevance proportionnelle au chiffre d’affaires. La moyenne des redevances d’exploitation se situe autour de 4% à 5,5% du CA HT, avec des variations importantes selon les secteurs (entre 1% dans le retail et plus de 7% dans les services).
Notez que certains réseaux optent pour un forfait mensuel fixe, indépendant du chiffre d’affaires réalisé. D’autres combinent les deux approches. Dans tous les cas, le mode de calcul doit être clairement identifié dans le contrat de franchise avant toute signature.
Ce que couvrent les royalties
-
L’assistance technico-commerciale au quotidien
-
L’animation du réseau et les conventions
-
La formation continue du franchisé et de ses équipes
-
L’accès à la centrale d’achat (le cas échéant)
-
Une partie des frais de développement et de R&D du réseau
La redevance publicitaire : financer la communication nationale
La redevance publicitaire (ou redevance de communication) est distincte des royalties. Elle finance exclusivement les campagnes de communication nationale du réseau : publicités TV, affichage grand format, digital national, relations presse, etc.
Elle représente en moyenne entre 1% et 3% du chiffre d’affaires réalisé par le franchisé. Tous les réseaux n’appliquent pas forcément une redevance publicitaire. Elle peut être intégrée à la redevance d’exploitation, mais la bonne pratique veut qu’elle soit clairement identifiée pour que le franchiseur puisse justifier que l’intégralité des sommes collectées est bien dédiée à la communication nationale (ce qui est une obligation légale).
Un montant élevé de redevance publicitaire suppose une communication nationale conséquente. À l’inverse, une redevance faible peut signifier une visibilité nationale limitée pour la marque. Ce point mérite d’être examiné attentivement lors de l’analyse du Document d’Information Précontractuel (DIP).
Pour aller plus loin sur la structure des redevances, consultez notre article dédié : Droit d’entrée, royalties et redevance publicitaire : quelle différence ?
Le plan de communication local : un budget à ne pas oublier
La communication nationale est financée par la redevance publicitaire. La communication locale, elle, reste à la charge du franchisé. Flyers, affichage local, réseaux sociaux, encarts dans la presse régionale, événements de proximité : ces actions sont essentielles pour ancrer l’enseigne sur sa zone de chalandise.
Selon les données issues de l’étude Toute la Franchise sur 466 réseaux, le budget moyen à prévoir pour un plan de communication local efficace à l’ouverture est d’environ 6.000€, mais cela varie fortement selon le secteur, la zone de chalandise, etc. Ce montant peut être partiellement couvert par les droits d’entrée si le contrat le prévoit explicitement. Vérifiez ce point avant de finaliser votre budget prévisionnel.
Checklist : tous les postes de coûts d’une franchise
Avant de vous engager, passez en revue l’ensemble des postes de dépenses liés à votre projet :
À l’entrée dans le réseau (one shot)
-
[ ] Droit d’entrée (redevance initiale forfaitaire)
-
[ ] Formation initiale (si non incluse dans le droit d’entrée)
-
[ ] Frais de création de société (avocat, comptable, greffe)
-
[ ] Travaux d’aménagement et décoration du local
-
[ ] Achat de matériel et équipements spécifiques
-
[ ] Stock initial
-
[ ] Communication d’ouverture
-
[ ] Fonds de roulement de démarrage
En cours d’exploitation (récurrents)
-
[ ] Redevances d’exploitation (royalties) : en % du CA ou forfait
-
[ ] Redevance publicitaire : en % du CA ou forfait
-
[ ] Communication locale
-
[ ] Loyer et charges du local
-
[ ] Approvisionnements via centrale d’achat (si obligatoire)
-
[ ] Logiciels et outils du réseau (si facturés séparément)
-
[ ] Assurances professionnelles (RC Pro, multirisque, perte d’exploitation)
-
[ ] Salaires et charges sociales
Les questions à poser au franchiseur
-
[ ] La formation initiale est-elle incluse dans les droits d’entrée ?
-
[ ] La communication d’ouverture est-elle prise en charge par le réseau ?
-
[ ] Comment est calculée et contrôlée la redevance publicitaire ?
-
[ ] Existe-t-il des obligations d’approvisionnement exclusif ?
-
[ ] Des frais informatiques ou logiciels sont-ils facturés en sus ?
Questions Fréquentes
Combien coûte en moyenne l’ouverture d’une franchise ?
Selon la 21e Enquête annuelle de la Franchise Banque Populaire/FFF (2025), 63% des franchisés ont ouvert leur activité avec un investissement inférieur à 200.000€. Le budget varie fortement selon le secteur et le réseau choisi.
Quel est le droit d’entrée moyen en franchise ?
Selon une étude Toute la Franchise portant sur plus de 466 réseaux, le droit d’entrée moyen est d’environ 17.000€ tous secteurs confondus, avec de fortes disparités. Il peut descendre à quelques milliers d’euros dans les services, et dépasser 50.000€ dans la restauration rapide.
Quel apport personnel faut-il pour ouvrir une franchise ?
L’apport personnel représente entre 20 et 40% de l’investissement total. Pour un projet à 100.000€, il faut donc disposer d’environ 30.000€ de fonds propres.
Qu’est-ce que les royalties en franchise ?
Les royalties (ou redevances d’exploitation) sont des sommes versées périodiquement par le franchisé au franchiseur en échange des services continus : assistance, animation du réseau, formation, R&D. Elles représentent en moyenne entre 4% et 7% du chiffre d’affaires HT, avec des variations selon les secteurs…
Peut-on ouvrir une franchise sans apport ?
Théoriquement non. Les banques et les franchiseurs exigent en général un apport minimum de 30% de l’investissement. Des dispositifs comme les prêts d’honneur (Initiative France, Réseau Entreprendre) ou les garanties Bpifrance permettent toutefois de compléter un apport insuffisant dans certains cas.
Quelle est la différence entre redevance d’exploitation et redevance publicitaire ?
La redevance d’exploitation (royalties) rémunère les services continus du franchiseur (assistance, formation, animation réseau). La redevance publicitaire finance exclusivement la communication nationale de l’enseigne. Les deux sont généralement calculées en pourcentage du chiffre d’affaires.
Existe-t-il des franchises sans droit d’entrée ?
Oui, certaines enseignes ne facturent pas de droit d’entrée. Dans ce cas, le franchiseur se rémunère autrement : marges sur les produits fournis, packs de prestations obligatoires ou commissions sur les ventes. L’absence de droit d’entrée ne signifie pas que le réseau est gratuit.
Découvrir les franchises les plus rentables
Voir les enseignesBenjamin Thomas, writer
