Pourquoi le marché des animaux de compagnie a tout pour séduire les porteurs de projet en franchise ?
Après le boom post-Covid, le secteur des animaux de compagnie change de rythme. La dernière étude Xerfi confirme un marché toujours solide, mais qui entre dans une phase de normalisation après plusieurs années de croissance exceptionnelle.
Sandrine Cazan, writer
Publié le 31/10/2018 , Mis à jour le 18/08/2026, Temps de lecture: 6 min
En bref
- Le marché français des animaux de compagnie pèse 14 milliards d’euros en 2025, porté par 68,4 millions d’animaux.
- Le petfood reste le premier segment (6,3 milliards d’euros), devant les soins vétérinaires (plus de 5 milliards d’euros).
- La croissance ralentit mais reste importante : environ 3% par an pour le petfood entre 2026 et 2030, contre plus de 6% par an sur 2020-2025.
- Les animaleries spécialisées et les acteurs en ligne grignotent des parts de marché à la grande distribution.
- La demande de soins vétérinaires continue de progresser, portée par le vieillissement des animaux et l’anthropomorphisation.
Sommaire
- Un marché de 14 milliards d’euros porté par 68 millions d’animaux
- Le retour à la normale après le boom post-Covid
- Le petfood entre segmentation et nutrition-santé
- La distribution spécialisée grignote des parts de marché
- Les soins vétérinaires, moteur de croissance durable
- Ce que ces tendances changent pour les porteurs de projet
Un marché de 14 milliards d’euros porté par 68 millions d’animaux
Selon la nouvelle étude Xerfi sur le marché français des animaux de compagnie, le secteur pèse désormais 14 milliards d’euros (*). Elle couvre un périmètre large : alimentation, accessoires, produits d’hygiène et de soins, assurance santé animale, mais aussi des services spécialisés comme les soins vétérinaires, le gardiennage, le toilettage, l’éducation canine ou les services funéraires.
Le parc animalier français atteint un niveau record de 68,4 millions d’animaux en 2025 : 16,7 millions de chats, 9,1 millions de chiens, 29,8 millions de poissons, ainsi que plusieurs millions d’oiseaux et de petits mammifères. La population féline a particulièrement progressé, avec une hausse de 30% en dix ans selon Xerfi.
Le petfood demeure le premier segment du marché avec 6,3 milliards d’euros de ventes en 2025, devant les soins vétérinaires qui dépassent les 5 milliards d’euros.
Le retour à la normale après le boom post-Covid
Le ralentissement annoncé pour les années à venir doit être lu comme un retour à la normale plutôt que comme un signal d’alarme. Entre 2020 et 2025, le marché a profité de circonstances exceptionnelles : hausse des adoptions après la crise sanitaire et fortes revalorisations tarifaires sur le petfood en 2022 et 2023, proches de 30% selon Xerfi.
Ces deux moteurs s’essoufflent mécaniquement. Xerfi anticipe désormais une progression des ventes de petfood d’environ 3% par an en moyenne entre 2026 et 2030, contre plus de 6% par an sur la période 2020-2025. Même tendance côté vétérinaire : les dépenses devraient croître d’environ 4% par an, contre plus de 8% par an durant les cinq années précédentes.
Le marché continuera néanmoins de bénéficier de tendances sociodémographiques favorables : hausse du nombre de ménages, réduction de leur taille moyenne, et place affective croissante accordée à l’animal par les personnes seules ou les couples sans enfant au domicile.
Le petfood entre segmentation et nutrition-santé
Le marché de l’alimentation animale s’est nettement complexifié en dix ans. De nouvelles marques nées de la vente en ligne se sont positionnées sur des niches à forte valeur ajoutée : fabrication française, qualité nutritionnelle, ingrédients naturels, alimentation personnalisée, engagement environnemental. Leur succès traduit des attentes de plus en plus précises chez les propriétaires d’animaux.
Le petfood entre également dans l’ère de la nutrition-santé. La médicalisation des aliments s’accélère pour répondre à des problématiques ciblées : gestion du poids, confort digestif, santé urinaire, soutien articulaire, vieillissement. En parallèle, la segmentation des produits selon l’âge, le poids ou le niveau d’activité de l’animal se généralise, tout comme la multiplication des moments de consommation.
Cette exigence croissante des consommateurs rejoint une dynamique déjà identifiée pour les franchises spécialisées dans l’alimentation animale, où la montée en gamme constitue un axe de différenciation fort face aux circuits généralistes.
La distribution spécialisée grignote des parts de marché
Les grandes surfaces alimentaires restent le premier circuit de distribution du petfood, avec 47,7% des ventes en valeur en 2025. Mais leur poids s’érode légèrement par rapport à 2020, où elles représentaient 48,4% du marché.
Les enseignes d’animaleries et les sites spécialisés en ligne sont les principaux bénéficiaires de ce transfert : 32% des propriétaires de chiens et 24% des propriétaires de chats fréquentent désormais une animalerie pour leurs achats de petfood, selon Xerfi. Ces réseaux profitent de la montée en gamme des comportements d’achat, grâce à un large choix de références, des produits techniques et un conseil personnalisé.
La quasi-totalité des sites spécialisés proposent désormais des formules d’abonnement sans engagement. Un modèle cohérent avec la nature très récurrente des achats alimentaires pour animaux, qui séduit d’autant plus lorsqu’il s’accompagne de remises.
Les soins vétérinaires, moteur de croissance durable
La France compte plus de 6.000 établissements vétérinaires, dont environ 20% appartiennent à un réseau intégré. Xerfi anticipe une progression moyenne de la consommation en services vétérinaires d’environ 4% par an à l’horizon 2030.
Plusieurs tendances structurelles soutiennent cette dynamique :
- L’allongement de l’espérance de vie des animaux, qui augmente le nombre de sujets âgés exposés aux maladies chroniques ou aux troubles articulaires.
- L’anthropomorphisation croissante des animaux, qui pousse les propriétaires vers une approche préventive : bilans réguliers, suivi vaccinal, prise en charge rapide des problèmes de santé.
- L’augmentation des capacités de prise en charge, portée par la hausse du nombre de vétérinaires formés ou recrutés à l’étranger, et par la modernisation des établissements des groupes vétérinaires.
Ce que ces tendances changent pour les porteurs de projet
Pour un porteur de projet, ce léger ralentissement ne signifie pas la fin des opportunités, mais un changement de logique.
La croissance à deux chiffres de 2020-2025 était conjoncturelle. Le marché retrouve un rythme plus classique, mais reste porté par des fondamentaux solides : parc animalier record, montée en gamme des attentes, développement des services.
Les concepts qui misent sur la spécialisation, le conseil, la santé animale ou les services complémentaires (toilettage, garde, bien-être) semblent mieux armés pour capter la valeur que les positionnements généralistes. C’est déjà le sens de ce que montre le marché des animaux de compagnie en franchise, où les enseignes combinant produits et services renforcent leur panier moyen et leur fidélisation client.
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Questions fréquentes
Quelle est la taille du marché français des animaux de compagnie en 2025 ?
Selon Xerfi, le marché pèse 14 milliards d’euros en 2025, pour un parc animalier de 68,4 millions d’animaux.
Pourquoi la croissance du secteur ralentit-elle ?
Le marché a bénéficié entre 2020 et 2025 de circonstances exceptionnelles : hausse des adoptions post-Covid et fortes hausses de prix sur le petfood en 2022-2023. Ce contexte s’estompe, entraînant un retour à une croissance plus modérée.
Quel est le premier segment du marché des animaux de compagnie ?
L’alimentation animale (petfood) reste le premier segment, avec 6,3 milliards d’euros de ventes en 2025, devant les soins vétérinaires (plus de 5 milliards d’euros).
Les animaleries spécialisées progressent-elles face à la grande distribution ?
Oui. Les grandes surfaces alimentaires conservent la majorité des ventes (47,7% en 2025) mais perdent du terrain face aux animaleries et aux sites en ligne, qui séduisent des consommateurs en quête de conseil et de produits techniques.
Pourquoi les dépenses vétérinaires continuent-elles de croître ?
Elles sont soutenues par l’allongement de l’espérance de vie des animaux, l’anthropomorphisation qui favorise une approche préventive de la santé animale, et l’augmentation des capacités de prise en charge des cabinets vétérinaires.
Sources :
- (*) Xerfi, étude « Le marché des animaux de compagnie à l’horizon 2030 », juin 2026
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