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Les opticiens une nouvelle fois dans le viseur de l'UFC

Lunettes trop chères, une spécificité française

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Après avoir fait la une de tous les médias en avril 2013 avec la mise au jour des marges exorbitantes prélevées par les opticiens, l'UFC-Que choisir remet le couvert en ce printemps pour dénoncer les liaisons dangereuses entre opticiens et complémentaires santé.


enquete optique vdlf Décidément, l'UFC-Que choisir a les opticiens dans le collimateur. Après une première attaque en règle menée en avril 2013 contre les marges excessives relevées dans l'optique (lire à ce sujet notre article Marché de l'optique : L'UFC tire à boulets rouges sur les marges des opticiens de mai 2013), l'association de consommateurs repart en croisade contre les opticiens en mai 2014.

Cette fois, l'attaque concerne « les liaisons dangereuses entre opticiens et complémentaires santé ». Et pour étayer son argumentaire, l'UFC a eu recours une nouvelle fois à la technique redoutable du client mystère auprès de 1.188 opticiens, répartis dans 83 départements (enquête réalisée du 9 au 23 novembre 2013). Les résultats de cette enquête s'inscrivent dans le cadre des réflexions gouvernementales actuelles sur le plafonnement des remboursements de l’optique par les complémentaires santé.

Une fraude généralisée ?

« Notre enquête visait d’abord à quantifier l’étendue réelle des fraudes à la complémentaire santé suscitées par les opticiens » précise l'UFC dans un communiqué. « Pour cela, les enquêteurs des associations locales devaient sélectionner une monture plus coûteuse que le maximum remboursable par leur mutuelle, en informer le vendeur, et observer sa réaction » Pour bien comprendre, dans le cadre de l'achat d'une paire de lunette, les verres sont toujours mieux remboursés que la monture.

Quand le prix de la monture dépasse le forfait, le client en est donc de sa poche. Mais si le surplus du prix monture est reporté sur le prix des verres, le client est forcément gagnant. Quand l'opticien « s'arrange » avec la répartition des montants monture-verres, c'est la complémentaire santé qui est du coup lésée. L'étude souhaitait savoir si « l'arrangement » était facile et preuve en est que oui : « Dans près d’un cas sur cinq (17,9 %), alors que l’on était qu’au stade des renseignements, l’opticien a spontanément proposé à l’enquêteur de falsifier la facture envoyée à la complémentaire santé, pour augmenter le remboursement perçu. La fraude est ainsi la deuxième solution proposée par les opticiens pour réduire le reste-à-charge des consommateurs. »

Et l'UFC de détailler : « Cette fraude dont les professionnels sont responsables à titre principal est plus particulièrement répandue chez les opticiens indépendants (29,5% des cas) que chez les grandes enseignes nationales ( 11,8%), même si l’on doit noter une forte hétérogénéité des pratiques chez ces dernières ( 6,4% chez Optical Center contre 17,6% pour Grand Optical). »

Un tour de passe-passe préjudiciable à la collectivité

Si pour le client l'arrangement est plutôt « malin », il n'empêche comme le souligne l'UFC que « ce tour de passe-passe est préjudiciable à la collectivité » puisqu'en effet, tout remboursement par la complémentaire santé se traduit par des cotisations supplémentaires. L’étude de l’UFC – Que Choisir montre que la fraude dont les opticiens sont les instigateurs « renchérit les cotisations des consommateurs français de 142 millions d’euros par an ! Autrement dit, les économies permises par une lutte efficace contre la fraude permettraient d’améliorer chaque remboursement de lunettes de 14 €, sans augmentation des cotisations. » Voilà donc un nouveau pavé dans la mare des opticiens !

Mais l'UFC – Que Choisir ne s'arrête pas là : « Alors que complémentaires santé et opticiens se rejettent la faute sur l’origine des surcoûts et des fraudes, l’UFC – Que Choisir a élargi la focale, en analysant les conséquences des remboursements des assurances sur ce marché. » Et là encore, le tableau est éloquent. Globalement en effet, si en France, les lunettes sont si chères, c'est qu'elles sont remboursées d'une part par la Sécurité sociale et d'autre part par les complémentaires santé.

Ailleurs en Europe, le consommateur se débrouille seul pour acheter ses lunettes, sans remboursements ni public ni privé. Et curieusement, ailleurs en Europe les lunettes sont considérablement moins chères qu'en France... De là à conclure que le système spécifique français fausse les prix, il n'y a qu'un pas que l'UFC- Que Choisir franchit d'ailleurs : « Les garanties optique haut de gamme, qui concernent 40 % des assurés, ont enclenché un cercle vicieux entre remboursements en optique et prix pratiqués par les opticiens, qui ont fait de la France la championne d’Europe de la cherté, avec un prix moyen de 470 €. »

Nouvelle donne avec les plafonnements à venir ?

Pour enrayer cette logique inflationniste très franco-française, le gouvernement envisage aujourd’hui de plafonner les remboursements des lunettes pour les contrats dits « responsables » des complémentaires santé. Mais selon l'UFC – Que Choisir « la cavalerie gouvernementale arrive malheureusement trop tard : une fois les prix montés très haut, il est vain de croire en leur baisse spontanée. » Et l'UFC – Que Choisir va encore plus loin : « A court terme, cette mesure se traduirait plutôt par une hausse du reste à charge pour les consommateurs aux corrections visuelles les plus fortes. Les baisses de prix durables en optique ne pourront venir que du développement encadré des réseaux de soins, par lesquels les complémentaires santé négocient des rabais pour leurs assurés auprès d’opticiens partenaires. »

Face à la « myopie » gouvernementale, et pour garantir une réelle baisse du prix des lunettes et assainir les pratiques frauduleuses, l’UFC – Que Choisir demande au gouvernement que la réforme en cours des contrats santé responsables « n’impose le plafonnement qu’à défaut de la mise en place par les complémentaires santé d’un réseau de soins ». L'association de consommateur demande en outre que « l’action des réseaux de soins soit strictement encadrée conformément aux recommandations de l’Autorité de la Concurrence » et qu’une « enquête de la DGCCRF soit diligentée sans délai pour sanctionner les fraudes dans l’optique. »
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