Après 30 000 ventes en 2026, SAFTI vise une nouvelle croissance en 2027

Avec 30 000 ventes et une croissance de 5 % en 2026, SAFTI vise une nouvelle progression de son activité en 2027.

Rania Souayah, writer

Publié le 05/11/2026 , Temps de lecture: 7 min

Après 30 000 ventes en 2026, SAFTI vise une nouvelle croissance en 2027

Le réseau prévoit pourtant un marché en léger repli, à 900 000 transactions. Selon l’enquête Kantar menée auprès de ses prospects, les acquéreurs restent mobilisés et confiants, mais ajustent leurs critères pour concrétiser leur projet. Pour les 6 500 conseillers SAFTI, l’enjeu sera de les guider dans leurs arbitrages entre prix, localisation et travaux.

Avec 5 % de croissance, SAFTI se démarque sur un marché en recul

Après le rebond de 2025, avec 952 000 ventes, le marché résidentiel ancien devrait atteindre environ 920 000 transactions en 2026, selon les Notaires. Ce recul d’environ 3 % laisse néanmoins l’activité nettement au-dessus du point bas de 2024, établi à 845 000 ventes.

Dans ce contexte, SAFTI affiche 30 000 ventes en 2026 et une croissance de 5 %. Le réseau dépasse ainsi de huit points l’évolution du marché. Ses indicateurs témoignent d’une stabilité des prix et des délais de vente. Les prix moyens des biens vendus se situent par ailleurs dans la moyenne nationale, illustrant son ancrage dans le paysage immobilier français.

Indicateurs SAFTI 2026 Maisons : valeur et évolution par rapport à 2025 Appartements : valeur et évolution par rapport à 2025
Prix moyen au m² habitable 1 932 € (−0,8 %) 3 150 € (+0,9 %)
Prix moyen des ventes 235 583 € (+0,5 %) 192 787 € (+0,9 %)
Surface habitable moyenne 121,9 m² (+1,3 %) 61,2 m² (stable)
Délai entre le mandat et le compromis 112 jours (−0,9 %) 108 jours (−1,1 %)
Marge de négociation sur le prix frais d’agence inclus −4,8 % (évolution : +0,1 %) −3,7 % (évolution : −5,0 %)

Source : données SAFTI 2026 comparées à 2025, ventes de biens d’habitation uniquement.

Pour Gabriel Pacheco, président de SAFTI, cette progression repose sur le travail de terrain des conseillers. Dans un marché exigeant, leur capacité à estimer au juste prix et à organiser une négociation réaliste contribue à faire aboutir les projets. Ce bilan et les perspectives du réseau sont présentés à l’Assemblée nationale, en ouverture de la Semaine de l’Immobilier et du Logement. Gabriel Pacheco intervient aux côtés de Marc Brimeux, directeur réseau. Henry Buzy-Cazaux participe comme grand témoin, en qualité de président de l’Institut du management des services immobiliers (IMSI) et de membre du Conseil national de l’habitat.

La conférence a pour marraine Annaïg Le Meur, députée du Finistère et présidente du Conseil national de l’habitat. Elle est également rapporteure du projet de loi visant la relance et la décentralisation du logement. Vincent Jeanbrun, ministre de la Ville et du Logement, est l’invité d’honneur de l’événement.

En 2027, SAFTI veut poursuivre sa croissance malgré les freins au financement

Pour 2027, SAFTI prévoit 900 000 transactions, soit une baisse d’environ 2 % par rapport aux 920 000 ventes estimées en 2026. Le réseau anticipe également un recul des prix inférieur ou égal à 2 %, qui pourrait contribuer à ajuster le marché. Malgré ce contexte légèrement baissier, il vise une nouvelle croissance de 5 %, avec l’ambition de poursuivre sa progression au-delà de la tendance nationale.

Plusieurs facteurs pourraient peser sur l’activité. Le taux moyen sur 20 ans a atteint 3,50 % à la rentrée 2026. SAFTI estime qu’il pourrait s’établir à 3,80 % en fin d’année, puis atteindre 4 % à la mi-2027. Cette évolution réduirait la capacité d’emprunt des acquéreurs, mais de manière modérée. S’y ajoutent un climat politique, économique et social intérieur anxiogène, ainsi que les tensions géopolitiques internationales.

Le réseau identifie toutefois des soutiens durables à la demande. La pierre conserve son statut de valeur refuge auprès des Français. Seuls 57 % des ménages sont propriétaires occupants, une proportion en léger recul ces dernières années, qui entretient les besoins d’accession. Les ventes contraintes assurent également un socle d’activité. Elles répondent notamment à la règle des « 4D » : divorce, décès, dettes et déménagement.

La relance du logement au cœur des attentes du secteur

À ces perspectives s’ajoute le calendrier législatif. L’examen dans l’hémicycle du projet de loi visant la relance et la décentralisation du logement doit débuter le 17 novembre. Pour Annaïg Le Meur, ce texte apporte des raisons supplémentaires d’espérer un accès au logement facilité par les pouvoirs publics, même en période préélectorale. Elle souligne la capacité du logement à rassembler au-delà des appartenances politiques. Selon elle, l’examen serein en commission à l’Assemblée nationale a enrichi le texte issu du Sénat, pour construire une loi pragmatique dotée d’outils puissants.

Vincent Jeanbrun relève, lui aussi, que les Français conservent leur volonté de devenir propriétaires, malgré les obstacles liés aux prix, à la localisation, aux travaux et au financement. Le ministre inscrit la levée de ces freins dans le plan de relance du logement engagé avec le Premier ministre. Le projet de loi « Relance logement », examiné à partir du 17 novembre, doit en constituer une traduction concrète dans les prochaines semaines.

Les objectifs annoncés sont de redonner confiance aux investisseurs, de soutenir l’accession à la propriété et de remettre des logements sur le marché. Il s’agit également de permettre aux Français de se loger là où ils vivent et travaillent. Considérant le logement comme un enjeu au cœur des fractures françaises, le ministre affirme la volonté des pouvoirs publics d’agir rapidement et fortement.

Enquête Kantar pour SAFTI : des acquéreurs confiants, mais confrontés à des obstacles concrets

Pour compléter son analyse, SAFTI a commandé à Kantar l’enquête « Vouloir acheter, pouvoir acheter ». Réalisée en ligne du 1er au 13 octobre 2026, elle porte sur 1 156 prospects acquéreurs ayant contacté le réseau durant les six mois précédents. Elle permet de comprendre comment les contraintes rencontrées font évoluer leurs projets. Parmi les personnes interrogées, 71 % souhaitent toujours acheter. Au sein de ce groupe, 72 % se disent confiantes dans leur capacité à concrétiser leur acquisition, contre 19 % qui ne le sont pas. L’élection présidentielle d’avril 2027 influence peu les démarches : 64 % déclarent qu’elle n’a aucun impact sur leur projet.

Les motivations restent d’abord personnelles. Une situation individuelle ou familiale rendant l’achat nécessaire arrive en tête, citée par 41 % des répondants. Viennent ensuite un apport ou une capacité de financement suffisante, pour 40 %, puis la volonté de concrétiser sans attendre davantage un projet de vie, pour 27 %. Le principal obstacle concerne la recherche d’un logement adapté : 66 % déclarent ne pas trouver de bien correspondant à leurs critères. Les prix jugés trop élevés sont cités par 41 % des répondants, devant le coût des travaux, à 14 %. Le niveau des taux n’est mentionné que par 9 %.

À l’inverse, trouver un bien réellement adapté à leurs attentes accélérerait la décision de 74 % des personnes interrogées. Une baisse ou une négociation du prix est évoquée par 56 %, contre 17 % pour une diminution des taux. Pour Gabriel Pacheco, ces résultats confirment la présence des acheteurs et la place centrale de la négociation dans le métier des conseillers SAFTI.

Les projets évoluent aussi au fil des recherches. Parmi les personnes encore en quête d’un bien, 55 % indiquent avoir modifié leur projet initial. L’élargissement ou le changement de zone géographique arrive en tête, à 27 %. L’acceptation d’un logement nécessitant des travaux et le report de la date d’achat suivent, à 14 % chacun. Au total, 75 % des répondants se disent prêts à faire des concessions. Les principales concernent l’achat d’un bien avec travaux, à 34 %, une autre localisation, à 24 %, ou une surface plus petite, à 19 %. La comparaison entre les personnes encore en recherche et celles ayant trouvé un bien précise ces arbitrages.

Concessions Envisagées par les personnes encore en recherche Réalisées par les personnes ayant trouvé un bien
Acheter un bien nécessitant des travaux 34 % 23 %
Choisir une autre localisation 24 % 21 %
Ne faire aucune concession 25 % 28 %

Source : enquête Kantar « Vouloir acheter, pouvoir acheter », réalisée à la demande de SAFTI.

Ces résultats décrivent des acquéreurs engagés et confiants, qui adaptent leurs critères pour avancer. Pour les 6 500 conseillers SAFTI, l’accompagnement consiste à rendre ces choix compréhensibles : évaluer le coût total, examiner le financement et mesurer les compromis sur le logement. Gabriel Pacheco rappelle ainsi que la réussite d’une vente doit aussi préserver l’équilibre du projet pour les années suivantes.

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