Reprendre une concession en couple avec TRYBA : à Arras, Dorothée relève le défi d’entreprendre sans expérience dans le bâtiment

Reprendre une concession en couple et devenir dirigeante sans expérience dans le bâtiment : Dorothée Demory a relevé ce défi avec son mari Emmanuel, chez TRYBA Arras.

Rania Souayah, writer

Publié le 12/10/2026 , Temps de lecture: 9 min

Reprendre une concession en couple avec TRYBA : à Arras, Dorothée relève le défi d’entreprendre sans expérience dans le bâtiment

Après vingt ans dans la grande distribution, elle rejoint son époux, déjà commercial dans l’établissement, pour entreprendre dans le Pas-de-Calais. Deux ans après la reprise, l’activité progresse conformément au prévisionnel et l’équipe s’agrandit. Leur parcours illustre comment des compétences complémentaires, une organisation claire et l’accompagnement d’un réseau peuvent donner corps à un projet de reconversion.

Une succession à préparer, un projet de couple à construire

Pendant vingt ans, Dorothée Demory travaille dans la grande distribution. Son mari Emmanuel est, depuis cinq ans, l’unique commercial de la concession TRYBA d’Arras, dans le Pas-de-Calais. Lorsque son dirigeant prépare son départ à la retraite, il lui propose de reprendre l’entreprise. Emmanuel connaît les produits, la clientèle et le fonctionnement de la concession. Mais devenir dirigeant seul ne correspond pas à ses aspirations : ce qu’il apprécie avant tout, c’est le commerce et le contact avec les clients, davantage que la gestion administrative ou le pilotage d’une entreprise.

Le couple n’avait aucun projet de reprise. L’occasion ouvre pourtant une nouvelle perspective : Emmanuel pourrait conserver ses missions commerciales, tandis que Dorothée prendrait la direction de l’entreprise. Si elle ne connaît ni la menuiserie ni le bâtiment, elle possède une expérience du fonctionnement d’une entreprise et a côtoyé le modèle de la franchise. Elle a notamment observé des salariés et des couples franchir le cap de l’entrepreneuriat. Une perspective qu’elle gardait à l’esprit, sans projet précis ni occasion concrète. L’envie d’entreprendre existait donc, sans projet précis ni occasion de la concrétiser.

Plusieurs éléments confortent leur réflexion. La concession se situe près de chez eux, dans une région qu’ils affectionnent. La reprise leur permettrait de préserver les repères de leurs deux enfants, sans déménager. Emmanuel maîtrise déjà l’activité, le cédant soutient leur démarche et le remboursement de leur crédit immobilier arrive à son terme. Dorothée peut, de son côté, apporter ses compétences en s’appuyant sur l’accompagnement TRYBA. « Quand il y a un alignement des planètes, à un moment il faut sauter le pas », résume-t-elle.

Un an de préparation pour passer du salariat à l’entrepreneuriat

Le passage à l’entrepreneuriat se prépare néanmoins pendant près d’un an. Avant la reprise effective, en octobre 2024, le couple construit son business plan et organise le montage de l’entreprise. Il réalise les démarches administratives, passe les commissions d’attribution d’aides éventuelles et suit le parcours de formation et d’intégration du réseau. Dorothée doit également organiser sa reconversion. Ne pouvant bénéficier d’une rupture conventionnelle, elle s’engage dans le parcours de démission-reconversion présenté dans le communiqué comme relevant de France Travail. Cette démarche lui permet de préparer sa transition professionnelle et de sécuriser ses revenus pendant la reprise. Elle y voit un soutien rassurant et précieux.

Reprendre une entreprise existante impose toutefois un double défi : apprendre un nouveau métier tout en maintenant l’activité. Emmanuel, déjà opérationnel, assure la continuité commerciale. Les collaborateurs du siège TRYBA accompagnent le couple, tandis que l’ancien concessionnaire guide Dorothée dans ses premiers métrés et suivis de chantier. Cette présence lui permet de prendre progressivement ses responsabilités.

Emmanuel au commerce, Dorothée à la direction : chacun son rôle

Entreprendre ensemble nécessite aussi de définir précisément les rôles. Au départ, Dorothée et Emmanuel cherchent à tout gérer à deux, avant de constater les limites de cette organisation. Ils choisissent alors de répartir les responsabilités selon leurs compétences et leurs envies.

Emmanuel conserve le commerce et la relation client. Dorothée prend la direction, la gestion, l’organisation et une part importante des missions opérationnelles et techniques. Chacun apporte sa vision dans son périmètre. Les désaccords restent possibles, mais une décision prise doit ensuite être respectée, sans devoir tout arbitrer ensemble. Cette organisation s’accompagne de limites dans la vie personnelle. Les préoccupations professionnelles deviennent facilement les sujets de conversation du soir. Parents de deux enfants, ils veillent donc à préserver des moments en famille pendant lesquels l’entreprise reste à sa place. La sœur de Dorothée a depuis rejoint la concession comme assistante. Là encore, la même règle s’applique : chacun connaît ses missions et respecte les décisions prises.

Apprendre la menuiserie avec TRYBA, gagner en confiance sur le terrain

Le parcours de Dorothée répond concrètement à une interrogation fréquente : faut-il venir de la menuiserie pour devenir concessionnaire TRYBA ? Son expérience montre que les compétences techniques peuvent s’acquérir, à condition d’avoir l’envie d’apprendre et de s’investir. Elle quitte un métier qu’elle maîtrise pour découvrir un secteur entièrement nouveau, avec une appréhension initiale qu’elle ne minimise pas.

Dorothée suit ainsi le parcours d’intégration du réseau. Elle découvre le siège et le site de production alsacien, puis réalise une immersion dans une concession existante. Trois semaines de formation au commerce et aux produits complètent cette préparation. L’apprentissage technique se poursuit ensuite sur place, avec les formateurs techniques, pendant six mois. Pendant ce temps, Emmanuel reste à Arras pour maintenir l’activité commerciale.

Quitter un métier maîtrisé pour découvrir un nouvel univers suscite d’abord de l’appréhension. La visite du siège et de l’usine apaise rapidement ses inquiétudes. Les explications d’Emmanuel sur le réseau et la qualité des produits prennent alors une dimension concrète. Dorothée y trouve la confirmation de son choix.

Parmi les compétences à acquérir, le métré technique représente un enjeu majeur. Prendre correctement les dimensions conditionne la commande des menuiseries, le déroulement du chantier et la rentabilité de l’entreprise. Une erreur de hauteur ou de largeur peut avoir des conséquences directes. Jusqu’à la reprise, cette mission était assurée par l’ancien concessionnaire, et non par Emmanuel.

Progressivement, Dorothée maîtrise cette étape qu’elle redoutait et découvre même qu’elle apprécie la technique. Cette réussite nourrit sa confiance. Pour elle, ne pas posséder une compétence au départ ne signifie pas être incapable de l’acquérir. L’essentiel consiste à aimer apprendre et à rester curieux : après deux ans d’activité, elle continue d’enrichir ses connaissances.

Métrés, conseil et SAV : Dorothée trouve sa place dans un nouveau métier

Son expérience interroge également les représentations associées aux métiers du bâtiment. Lorsqu’elle arrive chez un particulier pour réaliser un métré ou intervenir sur une demande de service après-vente, certains clients semblent encore attendre un homme. La surprise disparaît cependant dès que les échanges commencent. Dorothée prend les dimensions, répond aux questions techniques et installe une relation professionnelle.

Elle assure aussi certaines interventions de SAV, caisse à outils à la main, tout en développant sa propre manière d’exercer le métier. Sa précision et sa rigueur lui servent pour les métrés. Chez les clients, elle s’intéresse à l’entretien, au nettoyage, à l’organisation de l’espace et à l’esthétique. Elle examine également l’intégration des menuiseries dans l’aménagement du logement. Ces atouts relèvent de ses compétences et de sa pratique, sans être associés par nature à un genre. Son constat est clair : aucun profil unique ne définit la légitimité d’un concessionnaire TRYBA. Il faut pouvoir acquérir la technique, conseiller les clients, gérer l’activité et assumer ses responsabilités de dirigeant.

Le métier dépasse ainsi la seule dimension du bâtiment. Il associe technique, commerce, conseil, habitat, organisation et relation humaine. Cette diversité plaît particulièrement à Dorothée et peut parler à des entrepreneurs qui ne se seraient pas spontanément imaginés dans ce secteur. Changer une fenêtre, une porte ou une autre menuiserie implique d’intervenir dans le foyer d’un particulier. Comprendre ses usages, ses attentes et ses contraintes d’entretien ou d’aménagement est donc essentiel. Le produit possède une dimension technique, mais contribue aussi au confort et à l’esthétique de la maison.

Pour Dorothée et Emmanuel, la confiance dans les produits TRYBA constitue un fondement de la relation commerciale. La visite de l’usine de production française a notamment conforté Dorothée dans cette conviction. Emmanuel souhaite, lui, rentrer le soir avec la certitude d’avoir vendu un bon produit. Cette approche privilégie le conseil et la confiance. Le processus commercial TRYBA prévoit notamment un rendez-vous chez le particulier, puis une découverte des produits en Espace-conseil. L’objectif n’est pas d’obtenir une signature dès la première rencontre, mais de laisser au client le temps de réfléchir et de s’engager sereinement.

Une équipe qui s’étoffe, une croissance qui se construit

Deux ans après la reprise, la concession progresse conformément à son prévisionnel. Aux côtés de Dorothée et Emmanuel, l’équipe compte désormais une assistante, un second commercial et un poseur. Le territoire d’Arras offre encore des perspectives de développement, mais Dorothée privilégie une croissance compatible avec les capacités de l’entreprise.

Accepter davantage de chantiers suppose de pouvoir les réaliser correctement. L’organisation des plannings occupe donc une place centrale. Il faut estimer le temps nécessaire à chaque pose et conserver suffisamment de souplesse pour absorber les aléas. Cette exigence rejoint le principe que Dorothée associe à TRYBA : faire les choses proprement.

La prudence n’efface pas l’ambition. Le couple envisage de renforcer encore l’équipe commerciale ou d’ouvrir un second Espace-conseil sur son territoire. Ces pistes restent des perspectives, à construire au rythme de l’entreprise.

Entreprendre avec TRYBA : être accompagnée et garder la main sur son activité

Dans cette progression, l’accompagnement du réseau prend plusieurs formes concrètes. La préparation initiale associe formation, immersion et découverte du siège comme de l’usine. L’appui technique permet ensuite d’acquérir la maîtrise des métrés. Des formations portent également sur le management, la vente, la gestion et la communication.

Dorothée peut aussi s’appuyer sur l’expérience accumulée au sein du réseau. Elle n’a pas encore eu besoin de solliciter directement d’autres concessionnaires, mais sait que cette possibilité existe. TRYBA contribue également au développement commercial. Son site internet génère des demandes de particuliers ayant un projet. La concession reçoit leurs coordonnées et de premières informations pour reprendre contact. La notoriété de l’enseigne, construite depuis plus de quarante ans, et sa visibilité facilitent ainsi l’entrée en relation. Cet apport ne remplace pas l’action locale des concessionnaires. Dorothée et Emmanuel participent à des salons et à des événements de quartier, tout en menant leurs propres opérations de promotion. Ils sollicitent également les avis clients, devenus déterminants pour rassurer les particuliers avant une prise de contact. L’évolution du commerce, notamment sous l’effet du digital, exige selon eux réactivité, présence et visibilité.

Dorothée apprécie précisément cet équilibre entre ressources collectives et responsabilités individuelles. « Je me sens maître de mon activité », affirme-t-elle. Être concessionnaire consiste, à ses yeux, à utiliser la marque, les outils, les formations, les contacts et l’expérience disponibles. Il faut ensuite assumer pleinement son rôle d’entrepreneur sur son territoire.

Son bilan est sans hésitation : « Je n’ai tout simplement aucun regret, et si c’était à refaire, je repars ». Elle retient surtout l’importance de saisir une occasion, de sortir de sa zone de confort et de conserver l’envie d’apprendre.

Pour les commerciaux, managers, techniciens ou cadres qui envisagent une création ou une reprise, ce témoignage ouvre une réflexion concrète. Un parcours extérieur à la menuiserie ou au bâtiment ne suffit pas à écarter le projet. L’expérience des Demory montre comment une reprise peut prendre forme avec des rôles complémentaires, un apprentissage progressif et l’appui d’un réseau.

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