En 2025, pourquoi le commerce coopératif et associé séduit-il de plus en plus d’entrepreneurs ?
En 2025, le commerce coopératif et associé confirme sa montée en puissance. Dans un contexte économique incertain, l’étude Xerfi pour la FCA révèle un modèle qui séduit de plus en plus les entrepreneurs, alliant performance économique, ancrage territorial et autonomie du chef d’entreprise.
Sandrine Cazan, writer
Publié le 03/02/2026 , Temps de lecture: 5 min
En 2025, entreprendre dans le commerce ne relève plus de l’intuition mais de l’arbitrage. Dans un environnement marqué à la fois par la hausse durable des coûts, la tension sur les marges, l’évolution des usages de consommation et la baisse de pouvoir d’achat des consommateurs, les porteurs de projet privilégient des modèles capables d’offrir à la fois autonomie et solidité. C’est dans ce contexte que le commerce coopératif et associé confirme, chiffres à l’appui, sa montée en puissance.
La deuxième édition de l’étude menée par Xerfi pour la FCA (*) apporte un éclairage particulièrement révélateur. Elle montre que ce modèle représente désormais près de 19 % des points de vente (34.968 magasins), 32 % des emplois du commerce (531.044 salariés) et plus de 40 % du chiffre d’affaires du secteur (197 milliards d’euros de CA), là, où, à périmètre constant en 2017, les chiffres étaient de 10% des points de vente, 20% des emplois et 32% du CA.
Quand le commerce ralentit, les entrepreneurs changent de cadre
Entre 2017 et 2024, le nombre de points de vente du commerce coopératif et associé a progressé à un rythme annuel moyen de +8,3 %. Dans le même temps, le commerce global reculait légèrement. Ce décalage n’est pas anodin. Il traduit moins une disparition de l’envie d’entreprendre qu’un déplacement vers des modèles perçus comme plus résilients.
Pour de nombreux porteurs de projet, le commerce coopératif et associé apparaît comme une réponse idéale à un environnement plus exigeant. Il permet de rester chef d’entreprise, tout en s’appuyant sur une organisation collective capable d’absorber une partie des contraintes économiques.
Ce que recherchent les entrepreneurs en 2025
Les enseignements de l’étude mettent en lumière une évolution claire des attentes entrepreneuriales. Les créateurs ne cherchent plus seulement un concept ou une enseigne. Ils recherchent un cadre structuré, capable de sécuriser l’exploitation sur la durée.
La mutualisation des achats, des outils et des fonctions support joue ici un rôle central. Elle permet d’optimiser les coûts, d’accéder à des solutions performantes et de préserver la rentabilité. Dans 11 des 14 secteurs étudiés, les points de vente du commerce coopératif et associé affichent ainsi des taux de résultat net supérieurs à la moyenne du commerce.
Cette performance s’explique aussi par la gouvernance du modèle. Les groupements sont pilotés par et pour les chefs d’entreprise, avec une logique d’entraide et d’accompagnement renforcé. Un élément déterminant pour des entrepreneurs souvent seuls face aux décisions stratégiques, comme le rappelle Jean-Pierre Dry, président de la FCA. « Le commerce coopératif et associé est un modèle performant, voire surperformant, profondément ancré dans les territoires et qui répond durablement aux aspirations des Français en matière de proximité, de parité et d’émancipation ».
Une dynamique qui s’observe concrètement sur le terrain :
Là où d’autres se retirent, nos entrepreneurs investissent, innovent et se développent, au plus près des Français.
Un entrepreneuriat ancré dans la réalité des territoires
Autre enseignement majeur de l’étude, le commerce coopératif et associé est le modèle le plus corrélé à la répartition de la population. Plus de la moitié des points de vente sont implantés dans des communes de moins de 10.000 habitants, et 55 % se situent en centre-ville ou centre-bourg.
Pour un porteur de projet, cette donnée est loin d’être neutre. Elle confirme que l’entrepreneuriat commercial ne se limite pas aux grandes agglomérations. Il reste possible, et souvent pertinent, dans des territoires où la proximité et les services essentiels conservent toute leur valeur.
La forte présence du modèle dans l’alimentaire, l’optique et la pharmacie illustre également cette logique. Ces secteurs, au cœur du quotidien des Français, jouent un rôle clé dans la continuité des services et la vitalité locale, y compris dans les zones moins densément peuplées.
Cet ancrage territorial constitue l’un des marqueurs forts du modèle. Comme le souligne Olivier Urrutia, délégué général de la FCA,
Partout où il s’implante, le commerce coopératif et associé crée de la valeur au bénéfice de toute la collectivité .
Il contribue ainsi « directement à la vitalité économique et sociale des villes et des villages », porté par « des chefs d’entreprise engagés personnellement sur leur territoire et pour sa prospérité ».
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Enfin, l’étude met en avant un indicateur rarement commenté mais révélateur. Près de 46 % des points de vente du commerce coopératif et associé sont dirigés par des femmes, contre 30 % dans le commerce en général.
Cette donnée souligne une plus grande accessibilité du modèle à des profils variés, et une capacité à favoriser l’émancipation entrepreneuriale.
Un signal clair pour les porteurs de projet
En 2025, le succès du commerce coopératif et associé ne relève ni de l’effet de mode ni du hasard. Il reflète une évolution profonde des choix entrepreneuriaux. Dans un contexte plus contraint, les porteurs de projet privilégient des modèles collectifs, structurés et ancrés dans les territoires.
Si l’absence de risque est bien évidemment impossible, le commerce coopératif et associé s’impose comme un cadre de développement cohérent pour celles et ceux qui souhaitent entreprendre dans le commerce en conciliant indépendance, performance économique et utilité locale.
(*) L’impact du commerce coopératif et associé dans les territoires, 2025 - Étude Xerfi-FCA
Sandrine Cazan, writer

