“L’objectif est d’être présent aux moments clés, sans jamais brider l’autonomie de l’entrepreneur”, Jérémy Zimmermann, Co-fondateur et CEO de Vroomiz
Co-fondateur et CEO de Vroomiz, Jérémy Zimmermann revendique une approche pragmatique de l’entrepreneuriat, forgée sur le terrain.
La Rédaction, writer
Publié le 07/01/2026 , Temps de lecture: 11 min
Dans cette interview, il revient sur la création du réseau, les choix structurants de son développement et sa volonté de bâtir un écosystème solide, centré sur l’humain et les réalités opérationnelles des professionnels de l’automobile.
Parlez-nous de votre parcours avant de créer Vroomiz. Qu’est-ce qui vous a poussé à vous lancer dans l’entrepreneuriat ?
Avant Vroomiz, mon parcours n’a rien d’un parcours classique. J’ai commencé très tôt, sans diplôme prestigieux, sans argent, juste avec l’envie de me débrouiller et de construire quelque chose par moi-même. J’ai lancé des boîtes, certaines ont marché, d’autres non, et j’ai tout appris sur le terrain. Ce que j’ai vite compris, c’est que beaucoup d’indépendants bossent dur, font bien leur métier, mais restent seuls, mal équipés et souvent mal considérés. Moi, je me suis reconnu là-dedans.
L’entrepreneuriat, je ne l’ai pas choisi pour “réussir”, je l’ai choisi parce que je n’aimais pas dépendre, parce que j’avais besoin de liberté, et surtout parce que j’avais envie de créer des choses utiles. Vroomiz est né exactement de ça : une réponse concrète à des problèmes que j’ai moi-même vécus.
Quelle a été l’inspiration derrière la création de ce réseau ? Aviez-vous identifié un besoin particulier dans le marché ?
L’inspiration est venue très simplement du terrain. En travaillant au quotidien avec des professionnels de l’automobile, j’ai vu des gens sérieux, compétents, qui faisaient bien leur boulot, mais qui manquaient de visibilité, de structure et parfois de crédibilité aux yeux des clients.
Le marché était rempli d’indépendants isolés, chacun dans son coin, avec peu d’outils et peu de soutien, alors qu’ensemble ils auraient pu être beaucoup plus forts. Il y avait clairement un vide entre les gros réseaux très verrouillés et les indépendants laissés seuls. Vroomiz est né pour répondre à ce besoin précis : structurer sans enfermer, rassurer les clients sans dénaturer l’indépendance, et donner aux pros des moyens concrets pour se développer.
Quels sont les avantages et les défis spécifiques à la franchise par rapport à d’autres modèles d’entrepreneuriat ?
La licence de marque, c’est un bon compromis. Tu n’es pas enfermé comme dans une franchise classique, mais tu n’es pas non plus tout seul. Tu profites d’une marque, d’outils, d’un cadre, de retours d’expérience… tout ce qui fait gagner du temps.
En contrepartie, il faut jouer collectif. Respecter la marque, l’état d’esprit, la qualité. Ce n’est pas un système où on te promet que tout va marcher tout seul. La licence t’aide, elle t’accompagne, mais c’est toujours toi qui fais le job. Pour moi, c’est exactement ça l’entrepreneuriat : rester libre, mais avancer ensemble.
Quels ont été les plus grands défis que vous avez rencontrés lors du développement du réseau ?
Le plus gros défi, ça a été l’humain. Créer un réseau, ce n’est pas créer un produit, c’est rassembler des personnes très différentes, avec des parcours, des attentes et des rythmes différents. Il a fallu apprendre à poser un cadre clair sans brider, à être exigeant sans être rigide, et à faire comprendre que le réseau ne fait pas le travail à la place des gens.
L’autre vrai défi, au départ, c’était la crédibilité : prouver que le projet était sérieux, durable, et qu’on n’était pas là pour faire un coup. Aujourd’hui, avec près de 500 professionnels engagés dans le réseau, cette question ne se pose plus. Le sérieux est là, les résultats aussi, et ça confirme qu’on a construit quelque chose de solide sur le long terme.
Comment manage-t-on un réseau de chefs d’entreprise ?
On ne manage pas des chefs d’entreprise, on les accompagne. Il faut de la souplesse, du respect, un cadre clair et une vision commune. Chacun reste libre dans sa façon de travailler, mais tout le monde avance dans la même direction. Quand les règles sont simples et que l’exemple est donné, le réseau fonctionne naturellement.
Décrivez-nous votre approche pour identifier et recruter de nouveaux franchisés ?
On commence toujours par apprendre à se connaître. L’humain passe avant le reste. On échange, on prend le temps de comprendre la personne, sa façon de travailler et sa vision. On fait aussi assez vite confiance, parce qu’on n’a pas peur de prendre des décisions si ça ne fonctionne pas.
On a déjà retiré des licences par le passé, et nos contrats sont faits dans ce sens. Ce cadre clair permet justement de créer une relation saine dès le départ, basée sur la confiance, le respect de la marque et l’engagement.
Comment s’articule la collaboration entre le franchiseur et les franchisés ?
On commence toujours par apprendre à se connaître. L’humain passe avant le reste. On échange beaucoup, on prend le temps de comprendre la personne, sa vision et sa façon de travailler. On n’est pas dans une sélection élitiste, parce que notre rôle, c’est aussi d’accompagner et de faire grandir les entrepreneurs.
On fait assez vite confiance, mais dans un cadre clair. On n’a pas peur de prendre des décisions si ça ne fonctionne pas, et on a déjà retiré des licences par le passé. Nos contrats vont dans ce sens : confiance, accompagnement, mais responsabilité des deux côtés.
Avez-vous des mentors ou des modèles qui vous ont inspiré ?
Honnêtement, non. Je n’ai pas eu de mentor au sens classique du terme. Je suis 100 % autodidacte. J’ai appris en faisant, en me trompant, en recommençant. Il n’y a pas vraiment de modèle qui me ressemble, parce que j’ai construit mon parcours à ma façon. Depuis 2016, on trace notre propre route, en s’adaptant en permanence au terrain et à la réalité du marché. Ce sont surtout les expériences, les réussites comme les échecs, qui m’ont le plus appris.
Quel est votre film ou livre préféré sur l’entrepreneuriat ?
J’ai beaucoup aimé la série The Playlist, sur la création de Spotify. Pas pour le côté success story, mais pour la rigueur du CEO et la manière dont les décisions sont prises sur le long terme. On y voit quelqu’un qui va au bout des choses, qui assume ses choix, qui cherche à bien faire plutôt qu’à faire vite. C’est exactement ce que je partage : quand on construit quelque chose, il faut être exigeant, constant, et ne pas lâcher au premier obstacle. C’est cette vision du travail bien fait et durable qui me parle le plus.
Avez-vous des anecdotes amusantes ou inspirantes à partager sur votre parcours ?
Il y en a plein, mais celle qui me marque le plus, c’est qu’au début, je faisais tout moi-même. Le commerce, l’opérationnel, le support, parfois même la technique, souvent tard le soir et le weekend. Je me souviens de moments où je doutais vraiment, où je me demandais si ça allait tenir. Et puis, petit à petit, des pros ont commencé à nous faire confiance, à rester, à recommander le réseau. Sans gros coup d’éclat, juste par le travail et la constance.
Quand aujourd’hui je vois près de 500 entrepreneurs avancer ensemble alors qu’au départ on était quelques-uns autour d’une idée simple, je me dis que ça valait largement tous les efforts.
Quelle est votre vision pour l’avenir du réseau ?
Ma vision est assez simple. Continuer à faire grandir le réseau, mais sans perdre ce qui fait sa force : l’humain, la qualité et le sérieux. Je ne veux pas un réseau énorme sans âme. Je veux un réseau reconnu, respecté, où chaque professionnel est fier d’en faire partie. L’objectif, c’est aussi de faire grandir tout l’écosystème autour du réseau, de renforcer les outils et les services, pour que Vroomiz devienne un réflexe, quelque chose sur lequel les pros peuvent compter au quotidien, sur la durée.
Quel est l’état actuel de votre développement ? Et quelles sont vos ambitions pour cette année et à plus long terme ?
Aujourd’hui, le réseau est solide et structuré. Avec près de 500 professionnels, on a atteint une vraie maturité : les bases sont saines, le cadre est clair et l’écosystème fonctionne. Pour cette année, l’ambition est une croissance maîtrisée d’environ 25 %, tout en restant exigeants sur la qualité.
L’objectif reste avant tout de consolider : améliorer les outils, renforcer l’accompagnement et continuer à faire monter le niveau global du réseau. À plus long terme, on veut développer encore l’écosystème autour de la marque et faire de Vroomiz un acteur incontournable, sans jamais perdre l’ADN humain et terrain qui fait sa force.
Quel type d’emplacement ciblez-vous en priorité ?
Chez Vroomiz, il n’y a pas de zonage imposé. L’implantation est laissée au choix du professionnel, en fonction de son marché et de son projet. Le réseau accompagne, mais ne contraint pas.
Comment le réseau s’adapte-t-il aux nouvelles technologies et aux tendances du marché ?
Le réseau s’adapte en interne. Nous développons nous-mêmes nos outils, avec une vraie logique de R&D intégrée : conception, phases de tests internes, puis déploiement progressif dans le réseau. Les évolutions ne sont jamais théoriques, elles viennent du terrain. On s’appuie fortement sur l’analyse de la data, en croisant nos données internes avec des données publiques du marché, pour anticiper les tendances et prendre des décisions concrètes. Cette approche nous permet d’avancer vite, tout en restant cohérents avec la réalité des professionnels.
Avez-vous des projets particuliers que vous souhaitez partager avec nous ?
Oui, nous avons un projet très structurant en cours. Nous avons investi, avec Hexagone Automotive, plus de 400 000 € dans le développement de notre nouveau logiciel, OptimCAR. En 2025, environ 30 % du réseau a déjà migré vers cette solution, avec un objectif de déploiement complet en 2026.
OptimCAR intègre déjà des briques d’intelligence artificielle, notamment pour le showroom virtuel, la génération automatisée de descriptions de véhicules et la gestion des leads via un chat intelligent. Nous travaillons également sur un agent virtuel capable de répondre aux appels téléphoniques 24h/24 pour les points de vente. C’est un projet central dans notre stratégie, avec aussi une logique de croissance externe, pour continuer à structurer et faire évoluer durablement le réseau.
Quel profil de licencié recherchez-vous ?
On recherche des entrepreneurs, qu’ils soient en création ou déjà installés. Des profils issus du terrain automobile : concessionnaires, mandataires, intermédiaires, marchands, ou professionnels en reconversion dans le secteur. L’important n’est pas le statut, mais la volonté de construire un projet sérieux, durable et aligné avec l’état d’esprit du réseau. On accompagne les parcours, mais on attend un vrai engagement et une implication quotidienne.
Quel est le parcours d’un candidat de la prise de contact à l’ouverture ? Comment est-il accompagné ?
Le parcours est simple et progressif. Tout commence par un échange pour apprendre à se connaître et comprendre le projet du candidat. Ensuite, on présente l’opportunité, les outils et le fonctionnement de la licence de marque. Une offre est construite sur mesure, en fonction des besoins et du profil.
Une fois le projet lancé, le candidat est formé aux outils et aux méthodes, puis accompagné dans la durée, avec un suivi régulier, mensuel ou trimestriel selon les besoins. L’objectif est d’être présent aux moments clés, sans jamais brider l’autonomie de l’entrepreneur.
Comment se déroule la formation ?
La formation est à la fois théorique et pratique. Elle permet de prendre en main les outils, les méthodes et le fonctionnement du réseau. Elle s’appuie notamment sur des vidéos de formation, accessibles à tout moment, pour avancer à son rythme. La montée en compétence se fait progressivement, en fonction du profil du licencié. Il n’y a pas de format figé : la formation se poursuit dans le temps, avec un accompagnement continu pour garantir une application concrète sur le terrain.
Quels conseils donneriez-vous à un entrepreneur souhaitant rejoindre un réseau de franchise ?
Le premier conseil, c’est de bien comprendre pourquoi on rejoint un réseau. Pas pour déléguer sa réussite, mais pour gagner du temps, éviter des erreurs et avancer plus vite. Il faut choisir un modèle qui respecte l’indépendance tout en apportant un vrai soutien. L’avantage chez Vroomiz, c’est justement de rester indépendant sans jamais être seul. Un réseau doit accompagner, pas enfermer, et l’entrepreneur doit rester acteur de son projet.
Quels outils et services apportez-vous à vos licenciés ?
Le réseau met à disposition plusieurs outils et services concrets : des modules de formation en ligne dédiés aux métiers de la vente automobile, tout un écosystème d’outils pour la gestion quotidienne de l’activité, ainsi qu’une liste de fournisseurs sélectionnés avec des avantages préférentiels.
Les licenciés bénéficient également d’un accompagnement en communication et en visibilité, avec une exposition auprès d’environ 100 000 visiteurs uniques par mois. Chaque licencié dispose d’un interlocuteur dédié pour répondre à ses besoins du quotidien. L’objectif est d’apporter des solutions utiles, directement exploitables sur le terrain.
Les licenciés sont-ils impliqués dans le développement du réseau ? Si oui, comment ?
L’animation du réseau est très digitale. On échange régulièrement avec les licenciés, avec un suivi mensuel ou trimestriel selon les besoins. On anime aussi la communauté avec une newsletter mensuelle et des vidéos type webinaires, réalisées dans nos studios. Il y a également des temps forts comme les Vroom Trophées, organisés chaque trimestre pour valoriser les meilleures performances. Enfin, un grand événement est en préparation pour célébrer les 10 ans du réseau.
Quel est pour vous le licencié idéal ?
Le licencié idéal, c’est quelqu’un qui met en avant le réseau et qui contribue vraiment à le faire grandir. On n’est pas là uniquement pour l’accompagner de notre côté : on attend aussi qu’il s’implique, qu’il partage, qu’il fasse ressortir le meilleur de son activité. L’idée, c’est d’analyser ensemble ce qui fonctionne, d’en tirer des conclusions fortes et de faire avancer tout le monde. C’est un réseau transversal, avec une tête de réseau et des licenciés, mais surtout un travail collectif, où on avance ensemble.
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