« En franchise, on ne s'associe pas à une marque, on s'associe à des personnes »
Alain Bosetti, co-fondateur du Salon SME, répond aux porteurs de projet à quelques semaines de la 27ᵉ édition, les 13 et 14 octobre 2026 au Palais des Congrès de Paris.
Sandrine Cazan, writer
Publié le 25/09/2026 , Temps de lecture: 6 min
Le thème de cette édition 2026 est « Croire en soi ». Pourquoi cette thématique ?
Entreprendre, c’est douter ; j’en sais quelque chose ! L’entrepreneur que je suis a beaucoup douté et doute toujours. Et l’un des grands atouts d’un réseau, c’est précisément d’offrir un cadre rassurant quand la confiance vacille.
Quelqu’un a déjà défriché le terrain avant vous. Vous n’avancez pas à l’aveugle. On le voit très bien chez les multi-franchisés : la confiance se construit avec chaque succès, chaque nouveau point de vente ouvert. Ce n’est pas anodin.
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Salon SME 2026 : croire en soi, entreprendre en réseau et ne plus subir sa vie professionnelleConcrètement, que trouve-t-on au salon pour un porteur de projet intéressé par la franchise ?
Deux conférences dédiées : « Entreprendre sans partir de zéro : se lancer avec un réseau » et « Entreprendre sans rester seul : quel réseau rejoindre pour réussir ? ». Un village franchise avec une douzaine d’enseignes, dans un format qui favorise les vraies conversations. Le stand Bpifrance, incontournable pour confronter ses options de financement et de statut.
Et cette année, une nouveauté : des « bulles d’entraide » animées avec l’Afcodev, l’Association française du co-développement, où exposants et visiteurs travaillent ensemble sur des problématiques concrètes. C’est du co-développement, c’est-à-dire de la résolution de problèmes concrets en live. Nous avons aussi créé l’Agora, un espace central dont le thème change toutes les deux heures (vente, écologie, LinkedIn, et)c.
Quel conseil donnez-vous à un porteur de projet qui arrive au salon sans avoir encore tranché entre création solo et franchise ?
De se poser trois questions avant tout :
- Est-ce que je crée ou est-ce que je reprends ?
- Est-ce que j’entreprends seul ou accompagné ?
- Et si je rejoins un réseau, lequel me correspond vraiment ?
Ce que le salon permet, c’est de confronter ces questions à la réalité. Rencontrer les dirigeants d’enseignes, c’est essentiel ; parce qu’on ne s’associe pas seulement à une marque, on s’associe à des personnes. À concept égal, ce sont les franchiseurs qui font toute la différence.
Et si vous êtes farouchement indépendant, si vous refusez tout cadre commun, alors la franchise n’est peut-être tout simplement pas faite pour vous. Et mieux vaut le savoir avant.
Dans un contexte économique difficile, la franchise tire-t-elle son épingle du jeu ?
Depuis toujours, plus les temps sont durs, plus on se regroupe. Un réseau, c’est mutualiser des coûts, partager des idées, chasser en meute, accéder à une centrale d’achat. Je vois une montée très forte du collectif, et je pense qu’elle va s’accentuer. Ce n’est pas seulement de la franchise formelle : on voit émerger des collectifs informels d’entrepreneurs (locaux ou à distance) qui se retrouvent régulièrement pour résoudre des problèmes ensemble. J’appartiens moi-même à l’un d’eux.
Sur les chiffres bruts du secteur, les variations restent modestes, avec des ouvertures, des fermetures. Mais la tendance de fond est claire : les entrepreneurs cherchent à ne plus avancer seuls.
La franchise est-elle adaptée aux territoires ruraux et aux villes moyennes ?
C’est une vraie question, et elle mérite une réponse nuancée. Les franchisés réussissent souvent mieux là où ils ont un ancrage personnel : leur région d’origine, une région de cœur ou un territoire qu’ils connaissent très bien. L’ancrage local préexistant est un facteur clé de succès.
Mais attention : si vous vous implantez hors grande métropole, vérifiez que l’enseigne y est connue. Si elle n’a pas communiqué dans des médias nationaux ou régionaux, c’est à vous de construire la notoriété à partir de zéro. Et dans ce cas, l’apport de la franchise se limite à l’accompagnement opérationnel et aux achats mutualisés. Ce n’est pas négligeable, mais ce n’est pas la même équation.
Dans le service à la personne notamment, le sujet des zones peu denses, c’est le temps, pour les salariés des agences, de déplacement entre clients, un coût réel, qui s’alourdit avec le prix du carburant. C’est un paramètre à intégrer dès le business plan ainsi que les difficultés de recrutement.
Qui sont les porteurs de projet aujourd’hui ? Le profil a-t-il évolué ?
La parité progresse, même si on est encore à environ 60-40 en faveur des hommes. L’âge moyen de création tourne autour de 35 ans en général, mais les franchisés qui rejoignent un réseau sont plutôt dans la tranche 45 ans et plus, c’est souvent une deuxième vie professionnelle. Les deux tiers des créateurs sont auto-entrepreneurs.
On voit aussi se développer les micro-franchises : des droits d’entrée réduits, moins de contraintes, parfois adossées à des dispositifs de micro-crédit comme l’Adie. C’est une porte d’entrée intéressante pour des profils qui n’auraient pas accès au financement classique.
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Candidats à la franchise : confiants mais prudents… Et vous, dans quel camp vous situez-vous ?Créer son entreprise est-il vraiment devenu simple ?
La complexité administrative a quasiment disparu. Avec le régime auto-entrepreneur, on crée sa société en deux heures sur un smartphone, sans capital minimum, sans comptabilité lourde. Les charges sont strictement proportionnelles au chiffre d’affaires : pas de revenus, pas de charges. C’était impensable avant la loi Dutreil en 2003 qui a initié la « SARL à un euro » et la création du statut auto-entrepreneur en 2009 par Hervé Novelli.
Quand nous avons lancé le Salon SME en 1999, la question centrale était « comment créer ? ». Aujourd’hui, elle ne se pose plus. La vraie question, c’est : comment trouver ses clients et se développer ?
Le « slashing », cumuler emploi salarié et activité indépendante, est-il une voie vers la franchise ?
C’est une tendance solide. Selon notre étude 2025, 4,3 millions d’actifs sont aujourd’hui slasheurs, 15 % des actifs occupés. La première motivation est l’augmentation des revenus, mais beaucoup y voient aussi un moyen de tester un concept avant de se lancer à temps plein, une sorte de parachute.
Ce qui est frappant, c’est que la grande majorité affirme l’avoir choisi. Au-delà de l’argent, le slashing offre une zone de liberté, parfois un antidote à l’ennui au travail. Et c’est aussi une sécurité : on garde son salaire tout en construisant quelque chose.
Pour les porteurs de projet en franchise, c’est une piste à explorer sérieusement : certaines enseignes, notamment dans le conseil ou le service B2B, sont tout à fait compatibles avec une activité à temps partiel dans un premier temps.
Un mot pour conclure ?
Le Salon SME existe pour que les gens ne subissent pas leur vie professionnelle. Pour ne pas se retrouver avec une seule option. Qu’on décide finalement de se lancer en franchise, de créer seul ou de continuer à mûrir sa réflexion, l’essentiel, c’est d’avancer en connaissance de cause. C’est ça, notre raison d’être depuis 1999.
Le Salon SME se tient les 13 et 14 octobre 2026 au Palais des Congrès de Paris.
L’accès est gratuit sur inscription via le formulaire
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