Création d'entreprise en franchise : quel accompagnement pour les femmes ?
Interview de Corinne Gicquel, fondatrice du cabinet Action Franchise & Réseaux
Dominique André-Chaigneau, writer
Sandrine Cazan, writer
Publié le 01/04/2015 , Mis à jour le 12/03/2019, Temps de lecture: 3 min
Comme chaque année à même époque, le Bodacc a publié fin mars son baromètre des ventes et cessions de commerces et d’industrie. Il en ressort pour l’année 2014 une légère baisse du nombre des transactions pour un prix moyen qui se maintient à un haut niveau à 189.600 € en moyenne.
Chaque année, le Bodacc (Bulletin Officiel des Annonces Civiles et Commerciales) analyse le marché de la vente et cession de fonds de commerce et d’industries en France (bâtiment, commerce, industrie et services). Pour sa 5e édition, le baromètre Bodacc réalisé en partenariat avec Altares pointe une année à deux vitesses. Ainsi, les rachats de fonds de commerce ont été stable sur le premier semestre 2014 tant en nombre de transactions (22.600) qu’en valeur des fonds (191.000 €), mais le deuxième partie de l’année a confirmé un vrai manque de dynamisme « en dépit de bons mois de juillet et novembre. » Au total, sur 12 mois, le nombre de reprise de fonds de commerce « retombe sous le seuil de 44.000 et revient au niveau de l’année 2009 à 43.800 (- 1,6% par rapport à 2013). » Cette légère baisse n’a cependant en rien attaqué la valeur des fonds qui résiste (- 0,8% par rapport à 2013) et se maintient à un prix haut (189.600 €). Au total sur l’année « ce sont ainsi plus de 10 milliards d’euros qui auront été échangés sur cet exercice ».
En terme de secteurs d’activité, le baromètre pointe cette année encore la plus forte attractivité sur les affaires de restauration traditionnelle avec 5.128 reprises, « devant la restauration rapide (2.911) puis les débits de boisson (2.311). Ces trois métiers concentrent à eux seuls plus de 10.000 transactions soit près du quart de l’ensemble des opérations. » Viennent ensuite la boulangerie-pâtisserie avec 1.725 transactions et la coiffure avec 1.339 transactions. « Sur 5 ans, le nombre de transactions reste voisin de 44.000, exception faite de 2012 qui avait franchi le seuil des 48.000. »
Globalement, les reprises enregistrées par le Bodacc répondent essentiellement à un projet de création d’entreprise pérenne. « Près de 88% des repreneurs du millésime 2010 sont encore actifs en 2014, un taux déjà observé sur les millésimes 2008 et 2009. » La moitié des repreneurs soit 21.600, sont de jeunes structures sans salariés.
En terme géographique, l’Ile de France concentre une nouvelle fois 20% des transactions (285.000 € en moyenne). « Les prix des fonds de commerce les plus élevés sont généralement observés dans les régions situées au-dessus de la Loire. Les départements et régions d’outre-mer font également preuve d’une valorisation des fonds supérieure à celles constatées en métropole. »
Les principaux chiffres à retenir pour 2014
En 2014, 43.800 cessions-reprises ont été enregistrées en France (- 1,6% par rapport à 2013) pour un montant moyen de 189.604 €.
Sur ce total de reprises, plus de la moitié (56%) concernent les secteurs du commerce (12.804 transactions) et de l’hébergement restauration (11.534 transactions). Les autres secteurs par ordre d’importance sont : les services aux entreprises (3.755 transactions), la construction (3.435 transactions), les services aux particuliers (2.700 transactions), le transport et la logistique (691), les activités d’information et communication (643 transactions).
La moitié des repreneurs soit 21.600, sont de jeunes structures sans salariés. 21.400 acquéreurs sont des micro-entreprises, 15.784 sont des TPE de 1 à 9 salariés, 4.423 sont des PME de 10 à 249 salariés, 1.952 sont des ETI de plus de 250 salariés. La société à responsabilité limitée (SARL) reste le statut privilégié par les candidats à la reprise d’un fonds de commerce (53%) mais les SA et les SAS gagnent du terrain (13.800 reprises).
Les plus grandes variations à la hausse des prix d’acquisition entre 2013 et 2014 concernent les magasins de détail multi-rayons (+ 68,5%), les télécommunications (+ 64,1%), l’enseignement (+ 35,2%), les activités financières (+ 33,8%), les centrales d’achat (+ 25,8%), les activités d’assurance (+ 23,2%), les services techniques aux entreprises (+ 21,1%).
Les plus grandes variations à la baisse des prix d’acquisition entre 2013 et 2014 concernent l’édition (- 58%), les activités de l’action sociale (- 46,1%), la vente de carburants et combustibles (- 45,4%), les activités de location (- 32,7%), les services administratifs de bureau (- 28,4%) le commerce et réparation de véhicules (- 22,6%), les activités de la santé humaine (- 21,9%).
l’Ile de France totalise le plus grand nombre de transactions (8.899), devant le Rhône-Alpes (5.245) et PACA (4.032). Les régions où les prix se négocient au plus fort sont l’Ile de France (285.000 €), la Picardie (202.000 €) et la Corse (218.000 €). Les régions où les prix se négocient au plus bas sont la Franche-Comté (123.000 €), Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon à moins de 150.000 €.
Les plus fortes hausses de prix de cession sont enregistrées dans l’Essonne (+ 103,9% par rapport à 2013), la Corse du Sud (+ 54,9%), la Haute Saône (+ 47,1%), l’Aisne (+ 43,9%), l’Ain (+ 42,4%), les Hautes Alpes (+ 38,8%), le Pas de Calais (+ 30,6%). Les plus fortes baisses concernent les départements du Gers (- 57,8%), la Vienne (- 31,2%), de la Haute-Loire (- 30,7%), le Val d’Oise (- 25,7%), la Manche (- 24,8%), l’Indre et Loir (- 24,4%).
Alors qu’elle vient de lancer son tout nouveau Parcours Franchise, autour de la création d’entreprise chez les femmes, Corinne Gicquel, la fondatrice du cabinet Action Franchise & Réseaux, a accepté de présenter cette nouvelle action à Toute la Franchise.
Toute la Franchise : Vous êtes la fondatrice du cabinet ACTION FRANCHISE & RESEAUX. Pourriez-vous nous présenter votre structure ?
Corinne Gicquel : Action Franchise & Réseaux est spécialisé dans l’accompagnement marketing des franchiseurs. Forte d’une expérience dans l’organisation d’événements de proximité, j’ai transféré mon savoir-faire au service du recrutement de la franchise en créant les Rencontres ACTION FRANCHISE pour faciliter la mise en relation entre franchiseurs et créateurs d’entreprise sur un marché en région. C’est lors de ces rendez-vous que j’ai mesuré l’importance pour les enseignes d’identifier de bons profils d’entrepreneurs pour la pérennité de leur réseau et de répondre aux attentes des cadres en reconversion et aux créateurs qui n’ont pas obligatoirement la culture sur la franchise.
TLF : Pourquoi avoir créé les Parcours Action Franchise ?
C.G. : Le PARCOURS ACTION FRANCHISE est né de ce besoin complémentaire de formation sur la création en franchise de manière concrète et pratique pour se déterminer ou pas en faveur de la franchise. S’ajoutent à cette attente les différentes solutions de financement, qu’elles soient bancaires ou hors bancaires C’est ainsi qu’Action Franchise et Réseaux s’est rapproché du RESEAU AGE spécialisé dans la création et le financement des PME.
TLF : Quelle est l’originalité de ce parcours par rapport à ce qui existe déjà sur le marché ?
C.G. : Ce n’est ni un salon, ni une conférence ! Axé sur un thème en franchise, organisé sur 2 jours et rythmé en 3 étapes, le Parcours Action Franchise associe sur une première journée une formation à la franchise et, le lendemain, un temps de rencontres et de partages d’informations avec des enseignes et leurs franchisés (interviews, vidéos, tables rondes, entretiens individuels). A l’issue de cette rencontre est offerte aux candidats la possibilité d’être accompagnés par un expert en financement pour devenir franchisé.
TLF : Pouvez-vous nous en dire plus sur l’événement que vous mettez en place les 6 et 7 mai à Bordeaux ?
C.G. : Cette première édition en Aquitaine s’organise en étroite collaboration avec le GICFO organisme de formation de la CCI de Bordeaux. 6 enseignes de services sur des marchés différents, à forte dimension humaine ont été sélectionnés sur des métiers qui plaisent aux femmes et porteurs d’avenir : maintien à domicile, garde d’enfants, multi-services, beauté et bien-être, création d’histoires personnalisées pour les enfants et rénovations de cuisines et de meubles.
TLF : Pourquoi avoir choisi de vous adresser spécifiquement aux créatrices d’entreprise ?
C.G. : Aujourd’hui, 30% des créateurs d’entreprise sont des femmes. D’ici 2017 l’objectif est d’atteindre 40% et de nombreuses initiatives et aides sont mises en place par les pouvoirs publics. L’envie d’entreprendre, de créer leur propre emploi, de changer de métier répond à la conjoncture économique pour les femmes de 45 ans et plus, qui ont des difficultés à retrouver un emploi. Oser s’investir en franchise peut être, pour elles, une solution pour entreprendre avec plus de facilité, mais peu l’envisagent par manque d’informations ! La création en franchise est pourtant un moyen idéal d’être indépendant tout en étant accompagné tout au long de son activité
TLF : Est-ce important pour vous de mettre en place des actions destinées aux femmes souhaitant se lancer dans la création d’entreprise ?
C.G. : Oui, car 43% des franchisés sont des femmes et leurs profils sont fortement plébiscités par les franchiseurs. Leur sens de l’organisation, du relationnel, de l’écoute client, et leur capacité de management et de gestion de multiples tâches sont fortement appréciés pour les métiers de service. Il faut donc leur ouvrir encore plus largement les portes de la franchise.
TLF : Envisagez-vous d’autres PARCOURS ACTION FRANCHISE en France sur 2015 ?
C.G. : Nous programmons de nouvelles éditions sur ce thème à la rentrée 2015/2016 en Bretagne et en région parisienne et la perspective de nouveaux sujets comme « la restauration rapide version gourmet » ou encore « la mixité professionnelle » qui sont aussi prévus pour fin 2015.
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