Création d'emploi : Xerfi mène l'enquête et bouleverse les idées reçues !
Industrie et services se partagent les créations d'emplois
La Rédaction, writer
Dominique André-Chaigneau, writer
Publié le 07/07/2014 , Mis à jour le 31/12/2021, Temps de lecture: 7 min
Acquérir une entreprise défaillante, un excellent moyen de reprendre à moindre coût une activité pour se lancer ou grandir plus rapidement ? Les occasions de reprendre des entreprises en difficultés ne manquent pas en France chaque année (on estime à un millier le nombre d’entreprises qui sont vendues tous les ans à la barre d’un tribunal). Toutefois, pour que cette opération se déroule du mieux possible, pas de place à l’improvisation. Il est possible de réaliser un « bon coup » mais hériter d’une mauvaise affaire ou même gangrener son propre résultat financier est très simple… Voici quelques conseils pour vous aider dans la reprise d’entreprises défaillantes.
Bien analyser la situation avant d’agir
Si vous êtes un repreneur et que vous recherchez une entreprise en difficultés, vous devez mener en amont un travail de réflexion poussé. Il ne s’agit pas de se jeter sur la première entreprise venue dont les finances sont dans le rouge. Demandez-vous quels sont vos motivations à reprendre une entreprise défaillante. Quelles sont vos attentes précises ? Êtes-vous à la recherche d’un outil de production, d’un carnet de clients, d’employés disposant d’un savoir-faire particulier ? Définissez précisément les contours de votre recherche en fonction de vos attentes : dans quel secteur d’activité souhaitez-vous investir ? Dans quelle zone géographique doit se situer l’entreprise à reprendre ? Quelle taille d’entreprise êtes-vous en mesure d’acheter ? Quel est votre apport financier ?
Les spécialistes vous le diront, gare aux vices cachés. Une entreprise ne se retrouve pas en difficulté du jour au lendemain. Ses dirigeants ont sans doute déjà tenté plusieurs opérations pour sauvegarder leur entreprise, en reportant des échéances bancaires, en négociant des délais de paiement, voire même en reportant des loyers… « Une entreprise en difficulté va toujours plus mal qu’on ne le croit » expliquent Sophie Moreau-Garenne et Fabrice Keller, des spécialistes du conseil en restructuration sur le site de L’Express.
Analysez l’entreprise sous tous ses aspects, juridiques, économiques, sociaux et fiscaux.
Il est important de ne pas mélanger opportunités et intérêts stratégiques. Du sang-froid et de la réflexion donc, mais si vous souhaitez reprendre une activité mal en point, il faut toutefois savoir agir vite ! Chaque jour qui passe pour une entreprise défaillante aggrave un peu plus la situation… Si vous souhaitez vous porter candidat pour une reprise, mieux vaut ne pas tergiverser. D’où l’importance d’avoir bien analysé en amont vos besoins et vos possibilités pour ne pas perdre de temps le moment venu.
Combien coûte une entreprise en difficulté ?
Vous l’avez compris, reprendre une société défaillante peut se révéler être une excellente opération financière pour un repreneur. Attention toutefois de ne pas se focaliser uniquement sur le prix d’acquisition, mais avant tout sur l’argent nécessaire pour relancer l’activité. Faut-il renouveler certains équipements vieillissants ? Quel budget communication allez-vous devoir investir pour redresser l’image de marque de l’entreprise reprise ?
Reprendre une entreprise en redressement judiciaire suppose de la part du repreneur la présentation d’un plan crédible et pertinent avec des comptes prévisionnels sur plusieurs années. Vous devez faire figurer dans votre offre de reprise des prévisions d’activité et de financement, faire une offre précise, sans oublier les modalités de règlement et même le personnel que vous envisagez reprendre. Plus votre offre est détaillée et crédible, et plus le liquidateur ou l’administrateur en charge de la procédure y sera sensible.
Les grands du CAC 40 ne sont pas les entreprises qui créent le plus d’emplois ! Selon l’enquête de Xerfi intitulée « Palmarès des créateurs nets d’emplois : top 500 des entreprises et analyse des secteurs », 63% des plus gros créateurs d’emplois en France ces 5 dernières années sont des ETI !
| Les entreprises qui créent de l’emploi en France ne sont pas celles que l’on croit. Sur la base du palmarès des entreprises créatrices nettes d’emploi en France établi par « les500.fr » sur la période 2008-2013, l’étude réalisée par Xerfi fait la peau à plusieurs idées reçues et dresse le portrait d’une économie française portée par les services et le commerce. |
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4 idées reçues démontées
- Idée reçue N°1 : Ce sont les grandes entreprises qui créent le plus d’emplois.
Faux ! Parmi les 100 premiers créateurs nets d’emplois du top 500, « 63% sont des ETI (moins de 5.000 salariés), parfois encore à l’état de PME ou de micro-entreprises en 2008 » ! Souvent méconnues du grand public, ces entreprises là ont pour nom O2 Développement, Armonia, Acticall, ID Logistics, Neuronnes, Vitalliance, Figeac Aero, OVH, etc. Elles « volent souvent la vedette aux grands groupes qui sont minoritaires dans le classement (37 groupes sur 100) ». Très majoritairement, ces ETI de croissance sont des groupes ou entreprises de capital français (21 des entreprises de moins de 5.000 salariés sur les 26 du top 50). « Elles sont pour l’essentiel implantées sur plusieurs territoires ou se sont déployées à l’international par la suite, lorsqu’elles n’étaient qu’en phase d’amorçage en 2008 (O2 ou A2micile en Belgique par exemple). »
- Idée reçue N°2 : Les grandes structures internationalisées ne sont plus en mesure de créer de l’emploi sur leur territoire d’origine.
Faux : Les grands groupes, lorsqu’ils sont sur des marchés porteurs restent d’importants gisements de création d’emplois selon Xerfi. La preuve ?
Au palmarès des créateurs nets d’emplois, si seuls 8 groupes du CAC 40 et seules 18 des 120 premières capitalisations se hissent dans les 100 premières entreprises du top 500, au total, 37 des 200 plus grandes entreprises françaises (celles de plus de 5 000 salariés sur le territoire hexagonal) apparaissent dans le top 100. « C’est peu par rapport à l’aura de ces groupes auprès des médias et des étudiants des grandes écoles. C’est beaucoup, en revanche, par rapport à la population de ces entreprises (18%) » Surtout que près des deux tiers des créations nettes d’emplois parmi les 100 premières entreprises du top 500 sont le fait de groupes de plus de 5 000 salariés ! D’ailleurs « sur les 37 grandes entreprises du top 100, deux tiers figurent dans le top 50. »
Autant dire que les L’oréal, Altran, Adéo, Vinci, Auchan ou encore Safran et EDF n’oublient pas la France dans leurs stratégies de conquête et de recrutement ! Ceci étant, ces grands groupes du top 100 créent le plus souvent de l’emploi lorsqu’ils sont positionnés sur un marché en croissance. « On peut même considérer qu’ils jouent un rôle moteur dans le résultat positif de leur secteur. Un tiers des créations nettes d’emplois dans l’aéronautique sont par exemple le fait d’Airbus. Idem pour EDF dans la production d’électricité (44,2 %), Safran dans l’aéronautique (28 %) ou Auchan dans le commerce (22,1%). »
A l’inverse, les potentiels de croissance sont moindres du côté des groupes qui ont déjà atteint une taille critique sur un marché national et européen mature. « Ces très grands groupes français sont lancés dans une stratégie d’internationalisation rapide passant par la concentration des investissements sur les marchés étrangers en croissance et par des restructurations en Europe, notamment en France. C’est le cas par exemple des groupes du secteur automobile (PSA, Renault et Michelin). »
- Idée reçue N°3 : L’économie française est un musée, incapable de se régénérer.
Faux : 15 groupes créés ou implantés depuis moins de 10 ans se hissent dans le top 100. « Contrairement aux idées reçues, le tissu français est capable de se régénérer. » Dans le détail, si Xerfi pointe bien que les groupes les plus anciens (fondés ou implantés en France avant 1990) ont certes été à l’origine de 56% des créations nettes d’emplois au sein des 100 premières entreprises du top 500 (dont 38,4% pour les plus anciens fondés avant 1960), cependant 15 groupes créés ou implantés depuis moins de 10 ans se hissent aussi dans le top 100 au sein du classement les 500.fr.
Parmi ce « sang neuf » l’on trouve notamment aux premières places du palmarès A2micile et Amazon qui interviennent sur les marchés dynamiques des services à la personne et du e-commerce, mais aussi Vente-privee.com, Kangourou Kids, Vitalliance, OVH, etc. « Il faut aussi évoquer tout le vivier des start-up technologiques à forte croissance, qui échappe en grande partie à ce palmarès. Le cabinet Deloitte en dénombre 90 en 2013 en France, au classement des 500 premières pépites européennes, loin devant le Royaume-Uni. »
- Idée reçue N°4 : L’industrie n’est plus en mesure de créer des emplois en masse.
Faux : Selon Xerfi, « à côté des industries menacées ou en déclin du fait d’un médiocre positionnement de gamme ou technologique, il y a de la place pour des secteurs offensifs, même dans l’industrie. » Cela se confirme par quelques chiffres : Au sein des 100 premiers du top 500, 17 groupes industriels, dont un tiers dans l’aéronautique, se hissent dans le classement. « Avec près de 25.000 emplois créés (25,4% du top 100), l’industrie constitue même le macro-secteur le plus représenté du palmarès. »
Ces secteurs porteurs dans l’industrie ont pour dénominateur commun de conjuguer un cycle long de R&D, de bénéficier de l’appui d’un Etat innovateur/développeur et d’avoir dans ses rangs un leader de classe mondiale, capable de tirer l’ensemble de la filière. « Le succès de l’aéronautique est l’exemple le plus emblématique. » Certes note Xerfi, les emplois créés ont grandement évolués. Aux ouvriers sur les chaines succèdent les ingénieurs ! « La montée en puissance de l’emploi dans les activités BtoB est ainsi intimement liée au recentrage de l’industrie sur son cœur de métier. Mais ces emplois étaient précédemment inclus dans l’industrie et restent fortement intégrés à ses chaînes de valeur. C’est bien à travers ce contour élargi qu’il faut aujourd’hui aborder l’industrie en France, un périmètre qui intègre l’ensemble des fonctions peu à peu externalisées par l’industrie ».
Ceci faisant, les secteurs de l’industrie, consolidés à ceux des services aux entreprises, représentent alors 52 entreprises et 50% de l’emploi créé par les 100 premiers groupes du palmarès ! On voit bien là que la désindustrialisation, mal de tous les maux, n’est plus si évidente !
Un constat : L’industrie servicielle est en plein essor
Le constat est clair : en France, deux grands pôles d’entreprises s’affirment comme moteurs dans la création d’emplois en France, les activités BtoB de services à forte valeur ajoutée et les activités de soutien aux particuliers. Dans le détail, « 35 des 100 premières entreprises du palmarès opèrent sur des marchés de service BtoB à forte valeur ajoutée (services informatiques, de conseil, d’ingénierie ou de facility management), une proportion très supérieure à la moyenne nationale ». Ces services de haut vol contribuent à près du quart des créations d’emplois. Et ces emplois sont essentiellement des postes à haut niveau de qualification dans l’informatique (11 groupes dont Sopra, Neuronnes, Econocom, etc.) et les activités juridiques, de conseil, ingénierie (16 groupes dont Deloitte, Altran, Alten, Accenture, etc.).
« Une forte proportion qui illustre aussi le virage pris globalement par l’économie française depuis quelques années, dans les activités amont à forte valeur ajoutée. » Parallèlement, 35 des 100 premières entreprises du palmarès opèrent dans le commerce, l’hébergement, la restauration et des services à la personne. « Ce second groupe d’entreprises a majoritairement recours à de la main-d’œuvre peu ou pas qualifiée, et représente 39% des créations d’emplois du top 100. » Parmi ces entreprises, bon nombre sont structurés en réseau. « L’organisation en réseau, la puissance de la marque jouent notamment un rôle clé dans le développement du commerce, de la restauration, portée par l’expansion des groupes de restauration rapide, ou des services à la personne. »
Le poids de ces deux grands moteurs dans la création d’emplois en France démontrent que l’économie française est en mutation. L’industrie se développe de plus en plus autour de services BtoB à fort contenu intellectuel tandis que les services aux particuliers se développent de plus en plus autour d’une offre structurée et organisée.
Dans les deux cas, le dynamisme provient de « l’ensemble des secteurs qui conçoivent et produisent des solutions, innovent en matière d’usages que ce soit à destination des entreprises ou des particuliers ». Et Xerfi insiste, « l’évolution est conforme à ce que prévoient les tenants de l’économie de la fonctionnalité. Il faut désormais savoir penser le couple bien-services de façon indissociable. La création de valeur vient de ces nouveaux alliages rendus possibles par Internet, qui permettent de réinventer des usages dans des domaines aussi variés que les loisirs, la dépendance, la santé, la mobilité, bref de démultiplier les effets utiles. » Et à ce jeu là, les réseaux structurés sont les mieux armés !
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