Cession-reprise : Qui achète au 1er semestre 2014 ?
1ère partie du dossier consacré au cession-reprise
Dominique André-Chaigneau, writer
Dominique André-Chaigneau, writer
Publié le 15/10/2014 , Mis à jour le 12/03/2019, Temps de lecture: 2 min
Selon la dernière édition du baromètre Altares-Bodacc, au 1er semestre 2014 et malgré le contexte économique en berne, les transactions de fonds de commerce résistent. En 6 mois, 22.600 activités ont ainsi changé de mains au prix moyen de 191.000 €.
Après une année 2012 en net rebond et une année 2013 en net repli (- 8,5%), la direction de l’information légale et administrative, éditrice du Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales (BODACC) note pour le premier semestre 2014 une certaine résistance du marché, tant en nombre de transactions qu’en prix moyen constaté.
Dans les grandes lignes, les résultats complémentaires à la 4ème édition du baromètre BODACC, réalisée en partenariat avec Altares – D&B, font état d’un certain optimisme de la part des repreneurs. « En effet, 22.638 opérations ont été réalisées soit un volume comparable à celui constaté au cours du premier semestre 2013 (22.860). » La valeur des fonds de commerce est elle-aussi préservée : « Les rachats se sont conclus en moyenne à 191.018 €, un montant très proche de celui de début 2013 (191.870 €). »
Cinq milliards d’euros ont ainsi changé de main au cours de ce premier semestre 2014. Le prix des fonds de commerce se maintient ainsi à un niveau élevé. « Il s’établissait aux environs de 185.000 € sur les premiers semestres 2008 et 2009, avant de décrocher début 2010 et 2011. Depuis, le seuil des 190.000 € a été franchi et est préservé sur ce début d’année 2014 (‐ 0,4%). »
Cette bonne tenue du marché au premier semestre laisse toutefois apparaître des disparités marquées, aussi bien géographiques que sectorielles.
Du point de vue géographique, le baromètre note que c’est « dans le quart nord‐ouest que les fonds de commerce sont les plus chers, au‐delà de 180.000 €. Ce montant dépasse même 200.000 € en Île‐de‐France, Haute‐Normandie et Picardie. »
Du point de vue sectoriel, aussi, deux secteurs (le commerce et l’hébergement-restauration) concentrent plus de la moitié des transactions, « mais ce sont les activités orientées B2B qui tirent la hausse des prix : + 7% dans l’industrie et les services aux entreprises. »
Le profil des acheteurs et des vendeurs est également en évolution. Si les microentreprises forment toujours le plus gros du bataillon des repreneurs, les ETI et les grandes entreprises « ont signé deux fois plus d’opérations sur ce début d’année qu’en 2013 (1.132 contre 457) ».
Le détail des chiffres du baromètre Bodacc / Altares sont téléchargeable sur le site du Bodacc.
Si les rachats de fonds de commerce demeurent portés majoritairement par de jeunes microentreprises, les ETI et les grandes entreprises ont mis un coup d’accélérateur en ce premier semestre.
Selon les chiffres du baromètre Bodacc/Altares, les rachats de fonds de commerce restent toujours en ce premier semestre essentiellement portés par les microentreprises. « Plus de 56% des repreneurs n’emploient aucun salarié et 60% ont moins de deux ans d’activité. » Dans le détail toutefois, le profil des repreneurs évolue sensiblement.
En effet, si plus de huit rachats sur dix (19.000) ont été réalisés par des structures de moins de dix salariés et que les seules TPE de un à neuf salariés portent encore plus du quart des transactions, leur nombre recule sensiblement (‐ 11,5%). « Fragiles depuis plusieurs mois, ces TPE manquent à la fois d’activité et de financement pour se positionner sur la reprise de fonds de commerce. Cela se traduit par une forte baisse (33 %) du prix moyen de vente qui s’établit à 171.447 €. »
Les PME qui emploient de 10 à 249 salariés connaissent un mouvement inverse. En effet selon le baromètre, ces structures « qui ont payé un lourd tribut à la crise, ont entamé l’année 2014 avec de meilleurs atouts. Certaines ont réussi à retrouver le cash qui leur faisait défaut et tentent de se renforcer en reprenant des activités. »
Ce rebond se traduit par un nombre de rachat de fonds de commerce en augmentation très sensible (+ 15%) pour un prix d’acquisition en retrait de 9%. Réactives également, les grandes entreprises et ETI qui « marquent de leur empreinte les six premiers mois. Elles ont signé 2,5 fois plus de reprises que début 2013. Ce dynamisme significatif accélère le renchérissement des fonds de commerce dont le prix moyen a gagné plus de 25% à 503.900 €. »
En terme de statut juridique, la société à responsabilité limitée est la structure juridique la plus couramment rencontrée sur les opérations de reprise de fonds (53%). Il est à noter toutefois que les sociétés anonymes (SA) et plus précisément les sociétés par actions simplifiées (SAS) accélèrent leurs acquisitions. « Près de 7.000 SA ou SAS ont racheté un fonds de commerce sur ces six derniers mois : soit 42% de plus que début 2013. »
Globalement, la forme SARL est la structure privilégiée par les TPE tandis que les PME et ETI privilégient la SAS. En moyenne, les SA et SAS payent leur fond 260.000 €, les SARL 178.000 €, les entreprises en nom propre 90.000 €, et les autres formes juridiques (parmi lesquelles les sociétés en nom collectif) plus de 330.000 €.
L’autre tendance pour ce semestre va au « vieillissement » des repreneurs. Ainsi, même si deux repreneurs sur trois ont moins de cinq ans, le nombre « de jeunes candidats au rachat d’une activité est en retrait par rapport au premier semestre 2013. Ils étaient 15.300 sur les six premiers mois 2014, soit un millier de moins qu’en 2013. »
Très logiquement, les repreneurs plus anciens sont davantage présents au sein des TPE mais aussi des PME et ETI : « Près de 5.300 opérations ont été portées par des sociétés installées depuis plus de dix ans, c’est 18% de plus que début 2013. »
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