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Comment financer sa création d'entreprise en franchise ?

2009-09-25 22:12:00
La création d'une entreprise en franchise demande des moyens financiers importants. Apport personnel, aide financière des proches, emprunt bancaire, aides aux créateurs d'entreprise... retrouvez ici toutes les pistes à disposition pour boucler votre budget !

Créer ou reprendre une entreprise en franchise mobilise des moyens financiers conséquents. Entre le droit d'entrée, les honoraires des spécialistes (étude de marché, montage du dossier juridique, expert comptable...), la location ou l'achat d'un local, son agencement, l'avance de trésorerie pour l'achat des stocks... le montant du ticket d'entrée est souvent conséquent. Dans la très grande majorité des cas, les réserves personnelles du créateur ne suffisent pas à couvrir tous les frais de création et de fonctionnement des premiers mois. Commence alors un véritable marathon pour le créateur !



D'abord réunir l'apport personnel

Pour la création ou la reprise d'une entreprise en franchise, un minimum de 30% de l'investissement initial en apport personnel est impératif. Ce minimum peut être bien supérieur à 30% selon le niveau de risque de l'activité. Généralement, le calcul de l'apport personnel minimum s'établit sur le dossier prévisionnel. Il doit couvrir les frais d'établissement, l'achat des stocks et les besoins en fonds de roulement.
Sans ce minimum, toutes les portes des organismes bancaires resteront irrémédiablement closes ! Pourquoi ? Deux éléments expliquent la frilosité des banques. En dessous de 30% d'apport personnel, une banque considère que le profil du créateur est trop risqué. En effet, si le créateur ne peut rassembler ce minimum, cela présage soit un manque d'implication soit une faiblesse financière trop importante. Le manque d'implication (et donc de motivation personnelle) est particulièrement mal vu par les banques puisqu'il traduit un vrai risque quant à la pérennité de l'entreprise à court terme. Un manque de finances personnelles pour autofinancer son projet est également rédhibitoire pour les banques puisqu'il induit une faiblesse structurelle évidente. Sans une capacité d'auti-financement suffisante, le créateur n'a plus la marge de manœuvre suffisante au cas ou son chiffre d'affaires prévisionnel n'est pas atteint. L'apport personnel est généralement constitué par l'épargne du créateur.

L'épargne personnelle est piochée dans un premier temps dans les placements liquides comme le Livret A ou le Livret de Développement Durable (abrégé en LDD ex CODEVI). Dans un second temps, l'épargne personnelle peut aussi piochée dans un PEA (plan d’épargne en action) et/ou un livret d’épargne entreprise (LEE). Le créateur est également autorisé sans pénalité fiscale à récupérer ses économies placées sur un Plan épargne entreprise (PEE) puisque la création d'entreprise fait partie des motifs légaux de déblocage anticipé des fonds. Le Plan d'épargne logement (PEL) quant à lui peut aussi être mobilisé sous condition que le local à usage commercial ou professionnel à financer comprenne également l’habitation principale du créateur.

Recourir au besoin à la famille ou à un associé

Quand les fonds propres sont insuffisants, la famille ou un partenaire associé peut venir les compléter. Plusieurs cas de figure sont alors possibles : L'associé souhaite juste aider financièrement le créateur en franchise : C'est le cas typique d'un apport réalisé par la famille. Le prêteur ne revendique pas d'actions ou de parts dans la société. Il ne veut pas de pouvoir de décision. Dans ce cas, la meilleure solution est de passer par un don manuel. Cette alternative permet à des parents ou des grands-parents de transmettre sans impôts jusqu'à 30 000 euros.

L'associé souhaite apporter une aide financière en échange d’une prise de capital : Le montant de l'apport réalisé peut être proportionnel ou non au nombre de parts distribuées. Le créateur peut parfaitement recueillir un montant supérieur à son investissement propre sans pour cela perdre la majorité décisionnaire. Tout est affaire d'entente au préalable avec les proches impliqués. Cette solution de participation peut être intéressante fiscalement pour la famille puisqu'elle permet d'accéder à une réduction d’impôt sur le revenu de l'ordre de 25% des sommes investies dans la limite d'un plafond annuel de 20 000 euros pour une personne seule et 40 000 euros pour un couple.

L'associé souhaite s'investir personnellement dans l'affaire : Dans ce cas de figure, les choses sont radicalement différentes. L'investisseur est également acteur. Le nombre de parts distribuées est alors le plus souvent proportionnel au montant investi.

Bon à savoir : Le créateur ou le repreneur d'une entreprise en franchise ne peut que dans de très rares cas obtenir une aide financière de son franchiseur. Cette aide peut être sous forme d'un échelonnement de paiement des redevances voire d'un coup de pouce très ciblé à un salarié dans le cadre d'un contrat de parrainage. Les franchiseurs proposent par contre de plus en plus par le biais de partenariats avec des établissements bancaires ciblés un appui lors de la soumission d'un dossier de financement.

Profitez des dispositifs d'aides aux créateurs

Plusieurs organismes aident en France au financement de la création d'entreprise que celle-ci soit en franchise ou en solo. Selon la situation du créateur, un dossier de demande peut être adressé :
  • A l'Oséo : Cet établissement public propose aux créateurs la mise en place d'un prêt à la création d’entreprise (PCE). Le PCE d'Oséo est d’une durée de 5 ans et d’un montant compris entre 2 000 et 7 000 euros selon les dossiers. Il s'adosse obligatoirement à un prêt bancaire. Son principal avantage est qu'il permet au créateur de prétendre à un prêt sans aucune caution personnelle ni garantie. Il est réservé aux entreprises en création (N°SIREN attribué) et aux entreprises de moins de 3 ans sous condition.
  • A un opérateur d’accompagnement Nacre : Public, privé ou associatif, l'opérateur d'accompagnement Nacre donne accès au dispositif du nouvel accompagnement pour la création et la reprise d’entreprise (Nacre) proposé par l'Etat en partenariat avec la Caisse des Dépôts et Consignation. Ce dispositif est réservé aux demandeurs d’emploi et aux bénéficiaires des minima sociaux. Il permet au créateur de disposer dans un premier temps d'une assistance technique dans le montage financier du dossier puis dans un second temps d'un financement sous forme de prêt à taux 0% d'une durée maximum de 5 ans. Ce prêt est octroyé uniquement aux créateurs ayant obtenu un prêt bancaire.
  • A l'Adie : L'Association pour le droit à l'initiative économique intervient exclusivement aux côtés des créateurs d'entreprise qui n'ont pas accès au crédit bancaire (chômeurs, salariés précaires...). L'aide de l'Adie consiste en un plan de financement pouvant aller jusqu'à 10 000 euros constitué en partie d'un microcrédit complété le cas échéant par un prêt d'honneur et un prêt de matériel.
  • A France Initiative : Le réseau de France Initiative regroupe 248 associations locales qui œuvrent au quotidien pour promouvoir la création d’entreprise. Son aide repose sur un accompagnement du porteur de projet couplé à un prêt d’honneur à taux 0% sans garantie personnelle. La création en franchise est éligible à ce type d'aide mais elle n'est pas prioritaire.
  • Au Réseau Entreprendre : Ce réseau est une association de chefs d'entreprise qui aident à la création d'entreprises PME ou à la reprise de sociétés. Son aide repose sur un accompagnement gratuit, personnalisé et dans la durée couplé à un prêt d’honneur de 15 000€ à 50 000€, sans intérêt ni garantie. Là encore, la création en franchise est éligible à ce type d'aide mais elle n'est pas prioritaire.

Pour en savoir plus sur les dispositifs d'aide aux créateurs, consultez notre article dédié en cliquant ici : dispositifs d'aide pour les créateurs en franchise

Le recours à la banque

Lorsque l'apport personnel est réuni (seul ou avec des investisseurs/associés) et qu'une première approche a été faite auprès de l'un des dispositifs d'aide aux créateurs, il est temps de prendre rendez-vous avec sa banque pour obtenir le complément de financement nécessaire à la création de l'entreprise en franchise. Sachez tout d'abord que les dossiers de demande de crédits professionnels sont épluchées plutôt deux fois qu'une par les organismes bancaires. En effet, les chiffres montrent qu'un crédit aux entreprises est sept fois plus risqué qu’un crédit aux particuliers.
De plus, et contrairement à un crédit destiné à financer un achat immobilier par exemple, la banque ne peut prendre une hypothèque sur un fond de commerce. Sachant cela, il est demandé aux créateurs de fournir des garanties suffisantes pour que la banque puisse en cas de défaillance rentrer dans son argent. Ces garanties peuvent être apportées :
  • Par les nantissements sur les biens mobiliers : Le nantissement permet à la banque de faire vendre le bien nanti aux enchères publiques et d'être payé en priorité sur le produit de la vente. Les nantissements se font essentiellement sur le fonds de commerce, le matériel et l'outillage, les véhicules.
  • Par la caution personnelle : Elle est basée sur la déclaration patrimoniale du garant en fonction de la somme empruntée. En cas de défaillance, la banque peut être amenée à faire vendre le bien mis en garantie (maison du créateur d'entreprise notamment).
  • Par la caution d'un organisme tiers : Pour éviter au créateur de risquer ses biens propres en cas de défaillance, il peut solliciter un organisme tiers de cautionnement. Ces structures de cautionnement peuvent être publiques ou privées comme Oséo, le Fonds de Garantie à l'Initiative des Femmes (FGIF), France Active Garantie (FAG), les Sociétés de caution mutuelle (SCM)... Selon les organismes, le cautionnement peut couvrir de 50 à 70% des risques en contrepartie d'une rémunération variable.

La banque juge en fonction des éléments de prévisionnels fournis si elle peut selon sa politique de risque octroyer un prêt. Pour se donner les meilleurs chances de réussite de décrocher un prêt, le créateur doit impérativement aligner des chiffres mais aussi prouver sa motivation et la viabilité de son projet. L'emprunt bancaire ne dépasse que très exceptionnellement 70% de l’investissement global de la création d’entreprise. Selon les banques, les taux de prêt oscillent entre 3,5 et 4,5%. Les taux étant extrêmement variables d'une banque à l'autre, voire d'une agence bancaire à l'autre au sein de la même enseigne, il est conseillé de faire jouer la concurrence !

Bon à savoir : Depuis le 30 avril 2009, les créateurs et repreneurs d'entreprises peuvent saisir le dispositif de médiation du crédit lorsqu'ils rencontrent des difficultés de financement par les banques. Les tiers de confiance de la Médiation étudient le projet et identifient les solutions de financement les mieux adaptées. Le cas échéant, ils peuvent constituer avec le créateur ou le repreneur un dossier de médiation et fournir un avis qualifié sur le projet développé.


Dominique, Journaliste toute-la-franchise.com ©
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