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Nouveaux créneaux : la nouvelle donne de la consommation collaborative

Le partage, un vrai filon pour la franchise

2012-01-08 07:15:00

La franchise et la collaboration participative

Apparu il y a une dizaine d'années auxEtats-Unis, le concept de la consommation collaborative déferleaujourd'hui en France. Le principe de cette consommation d'un nouveaugenre ? Le partage bien sûr ! Un filon jusqu'à maintenant peu exploitéen franchise qui devrait dans les prochains mois voir fleurir denouvelles idées de réseau.

Le principe de la consommationcollaborative repose sur une idée simple : au lieu d'acheter tout auprix fort pour une utilisation individuelle et personnelle, il estpossible de partager l'utilisation d'un objet ou d'une prestation pourpayer moins cher. Cette idée a donné naissance notamment au Vélib, etplus récemment à l'Autolib, mais aussi à l'auto-partage et auco-voiturage, à l'échange de maison pour les vacances, à la colocation, àla location par les particuliers d'objets en tous genres, le trocd'objets de puériculture, la revente d'objets d'occasion, le partaged'espaces de travail et aux commandes groupées chez les producteurs...
Toutes ces nouvelles pratiques ne sont pas nouvelles en soitpuisqu'elles sont utilisées depuis très longtemps par les professionnelsdans le cadre des coopératives agricoles, des Gaec, des centralesd'achat, des comités d'entreprise, etc.

Ce qui est nouveau par contre,c'est que désormais la mise en commun, le partage, le groupement descommandes ne sont plus réservés aux seuls professionnels, ils sontaujourd'hui accessibles à tous grâce à internet notamment.


Un achat malin, moins cher et plus convivial

La consommation collaborative s'appuie surun mouvement de fond de notre société. Encore marginale il y a 10 ans,cette nouvelle forme de consommer chez le particulier fait aujourd'huide plus en plus d'émules dans toutes les couches sociales françaises.

Pourquoi ? En fait, la réponse à cette question est bien évidemmentéconomique, mais pas seulement ! Certes la crise modifie notre approchede l'achat. Le superflu est relégué à plus tard tandis que le budget seconcentre sur l'essentiel. Ceci étant, plus encore que la baisse dupouvoir d'achat, l'idée de la consommation collaborative n'est pasforcément de consommer moins, mais de consommer mieux. Cela passe par unprix au plus juste mais aussi par un échange de bons procédés.
Eneffet, dans la majorité des nombreuses expériences actuellement menéesen France, le consommateur collaborateur souhaite bénéficier d'un prixd'ami mais aussi d'un conseil et d'un accueil, d'une prise enconsidération de ce qu'il est et non plus seulement un porte-monnaie. Laconvivialité et l'humain sont ainsi remis à l'honneur.

Chacun peutdonner son avis pour mieux encourager les suivants à venir rejoindre lemouvement. Il n'est plus ici question de marge et de rentabilité, maisd'un échange et d'un partage. Un nouveau système qui repose sur lavolonté de chacun, un peu à l'image du succès rencontré par la fête desvoisins !
Face à la dépersonnalisation de la grande distribution, à sesprix fluctuants et aléatoires, la consommation collaborative remet lespendules à l'heure et replace l'important sur l'humain et la relation.Cette approche explique en grande partie pourquoi cela marche danstoutes les situations sociales. La transaction se fait en touteconfiance.

Elle s'inscrit également dans le grandélan vert impulsé par les lois du Grenelle de l'environnement et ducommerce équitable. Le fait de redonner vie à des produits que l'onn'utilisent plus crée moins de déchets.
L'achat en direct auprès desproducteurs permet de gagner en qualité tout en soutenant lesagriculteurs ou les artisans. On l'aura compris, l'idée forte de laconsommation collaborative est plus basée sur l'utilisation que l'onfait d'un produit que sur sa possession.
L'achat d'occasion mais aussila location sont des alternatives qui répondent à cette logique. Lapartage révolutionne l'approche des consommateurs. Les nombreusesexpériences de colunching (utilisation d'un canapé d'un particulier pourpasser la nuit), de colocation et de co-voiturage illustrentparfaitement cette nouvelle logique de consommation émergente.


La consommation collaborative : du C to C, mais pas seulement

La consommationcollaborative est bien plus qu'une nouvelle façon de consommer. Ellebase toute sa logique sur le partage et la confiance en l'autre. Dans cecas, l'autre n'est plus seulement le marchand traditionnel mais unecommunauté d'acheteurs. Cette notion de communauté n'est pas récente ensoi. Elle a de tous temps existé sous des formes diverses (la famille,les collègues de travail, la corporation dont dépend son métier, lesvoisins d'un même village, la communauté religieuse, le syndicat, lafraternité ethnique...).

Là encore, ce qui est nouveau, c'est que lacommunauté d'aujourd'hui s'affranchit des schémas classiques. Biensouvent constituées « en ligne », les nouvelles communautés se créent aurythme des affinités et des intérêts de chacun. Cette modification desrepères classiques est portée par la nouvelle génération, autrement ditla génération Y (lire à ce sujet notre dossier dédié).
Cette nouvelle génération en quête de sens fait plus confiance aux avisdes internautes en ligne qu'aux avis des proches et aux avis desdistributeurs. Le discours des marques n'est plus la seule voix. Lesproduits classiques imaginés pour correspondre aux besoins du plus grandnombre ne font plus recette. La customisation est la règle.

C'estl'esprit récup' et vintage que l'on retrouve notamment dans la vented'occasion et les vide-greniers. C'est aussi l'expérienceusineadesign.com qui soumet aux votes des internautes des meubles etobjets avant de lancer leurs fabrications. L'explosion des nouvellespratiques collaboratives n'est pas toujours simple à cerner tant ellespartent tous azimuts... Bien plus encore que le C to C, la consommationcollaborative impulse une nouvelle approche globale du commerce et de ladéfinition produit.

Internet facilitateur de mise en relation

Toutes les nouvelles pratiques impulséespar la consommation collaborative sont rendues possibles essentiellementpar la mise à disposition sur le net de plateformes spécialisées dansla mise en relation entre l'offre et la demande. Car en effet, le principal handicap du partage est de trouver le bon interlocuteur,autrement dit la personne qui a besoin de ce qu'une autre personne n'aplus besoin, le loueur d'un objet quelconque dont on a un besoinponctuel, le groupe de proximité qui a besoin des mêmes produitsalimentaires que soi, etc.
Comme on le voit, la mise en relation deproximité est au cœur de la démarche de la consommation collaborative. Internet permet cette mise en relation facilement. Les plateformesspécialisées dans la location ou la vente entre particuliers, l'échangede maisons, la mise en relation pour le covoiturage, etc se sontmultipliées ces derniers mois en complément des plateformesintermédiaires déjà bien rodées que sont notamment eBay, Priceminister,ou encore Le Bon Coin.

Tous ces sites inaugurent de nouvelles façons deconsommer malin. Si Internet permet cette mise en relation simplement,d'autres pistes peuvent être développées comme notamment la création delieux d'échange de proximité... en franchise ! Si plusieurs réseaux enfranchise se sont déjà positionnés sur ce créneau porteur depuisquelques années (La Trocante, Troc.com, les Bébés de Sabine, TrocA2),les possibilités offertes par la consommation collaborative sont encorelargement sous exploitées par les réseaux.

Ceci s'explique notammentpar le marché lui même mais aussi par les produits de ce marché, qui sedoivent d'avoir une audience suffisamment importante pour permettre à un franchisé de pouvoir en vivre sur un territoire délimité. Outre lacréation de services de mise en relation d'une offre et d'une demande,la consommation collaborative peut également s'exprimer dans la mise enplace d'une nouvelle approche consommateur au sein de réseaux existants.

C'est un peu la démarche de Socoo'clancé par le groupe Fournier en 2007. Cette enseigne de cuisineaménagée met le « do it yourself » au cœur de son concept. La même idéed'hyper-personnalisation est cultivée par des enseignes de restaurationcomme Subway, Feel Juice, ou encore Saladbar Green is Better, qui appuient leurs concepts sur la création à la demande de plats.
L'expérience de Biocoop est également à souligner. Elle met à l'honneur des petits producteurs locaux pour encore plus de fraicheur et de choix. Chez
Gourmet Expressaussi, une nouvelle façon de consommer est inaugurée. Ce jeune réseaupropose en effet de livrer à domicile des plats fabriqués par un réseaude restaurants partenaires.

D'autres expériences sont également menéesdans le secteur du bricolage. Plusieurs enseignes proposent ainsi desateliers à leurs clients pour partager un savoir ou encore un systèmed'échange de services (les Troc'heures de Castorama). Ponctuellement,Décathlon propose également à ses clients des espaces de vente deproduits de sports d'occasion... Et les exemples se multiplient un peupartout !

Le partage, un vrai filon pour la franchise

Alors que de plus en plus de particuliersse disent qu'il est possible de consommer autrement si l'on s'en donnela peine, de nombreuses expériences menées actuellement par des sitesd'entrepreneurs isolés sur le créneau du partage, ouvrent la voie à denouvelles pistes de concepts pouvant être repris en franchise.

Parmi ces expériences, l'on peut noter par exemple celles menées autour de la location de voitures entre particuliers (CitizenCar, unevoiturealouer.com, etc). Cessociétés proposent de louer entre particuliers un véhicule pourquelques heures assurance comprise. Les concepts développésspécifiquement sur ce créneau sont encore rares mais ils cartonnent carils sont intéressants à plus d'un titre. Ils permettent en effet aupropriétaire de la voiture de diminuer le coût d'entretien de sonvéhicule, et pour le locataire, le coût de revient de la location estlargement plus abordable que chez un loueur professionnel.
Sachantqu'une voiture reste immobile 90 % du temps, l'idée est loin d'êtreidiote en ville pour un jeune réseau en franchise... Et en poussant unpeu plus loin la logique, il serait possible d'imaginer un réseauspécialisé dans la location de camping-car de particulier à particulierpour les vacances, la location de scooters pour les personnes qui sontsous le coup d'une suspension de permis, la location de voituresanciennes de collection pour des grandes occasions comme les mariages...

D'autres initiatives alternatives delocation entre particuliers font recette sur le net et peuventparfaitement se décliner en franchise à l'image de l'expérience menéepar des sites comme Zilok, e-loue, jelouetout. Tous ces sites partentd'une idée simple. Nous avons tous des objets dont nous ne nous servonspas tous les jours (tente de camping, perçeuse, fendeuse à bûche,bétonnière, mais aussi console de jeux, etc). Ces objets qui ont étéachetés peuvent être utiles à d'autres qui en ont un besoin ponctuel. Lalocation est alors possible. La propriété de l'objet n'est pas cédée(l'objet n'est pas vendu) mais son utilisation est partagée.

Le bienpeut ainsi être rentabilisé par son propriétaire tandis que le locataireaccède à l'utilisation d'un bien qu'il n'a plus à acheter. Certainssites reposent sur la même idée de location entre particuliers, mais surdes produits très spécifiques comme des sacs à main de grande marque,des robes de mariées, de la vaisselle de fête, des déguisements, maisaussi des articles de puériculture, des jouets...

Une autre idée à creuser dans le secteur de l'automobile est celle développée avec succès en Angleterre par ParkAtMyHouse. Cette sociétépropose la mise en relation entre des propriétaires de potentiellesplaces de parking à la maison et des conducteurs à la recherche desolutions de stationnement de proximité fiables, sûres et peu coûteuses.Là encore, le développement d'agences de proximité en franchise peutparfaitement être imaginé. Le site anglais bénéficie d'un partenariatsigné avec la marque BMW outre-manche ce qui démontre bien qu'elleapporte une véritable valeur ajoutée à ses utilisateurs.

Dans le secteur de l'alimentation, lescommandes groupées auprès des producteurs se développent à grandevitesse en France en raison principalement du fait que les Françaisveulent de plus en plus savoir ce qu'ils mettent dans leurs assiettes.Plusieurs sites se posent comme des intermédiaires fiables(laruchequiditoui.fr, reseau-amap.org, reseaucocagne.asso.fr,chouxfleursetpissenlits.com) mais malgré le succès de ces sites,l'organisation de commandes groupées localement n'est pas toujourssimple. Là encore, la franchise peut être une voie de développement denouveaux services d'approvisionnement de produits alimentaires à moindrecoût, repérés dans les environs de chaque point de vente.

Dans le secteur de l'habillement aussi, denombreux dépôt-vente de fringues se développent en France. Jusqu'àmaintenant, aucun réseau en franchise n'a osé s'attaquer à ce créneau etpourtant, le potentiel de la fripe vintage est très porteur !

Dominique André-Chaigneau, Rédaction TOUTE-LA-FRANCHISE©


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LES COMMENTAIRES RELATIFS A CET ARTICLE
  • 10/01/2013 à 15:15:17
    Tipkin Celine

    Bravo pour cet article ! Je me permets de vous rajouter la plateforme communautaire www.tipkin.fr qui permet de prêter ou de louer tous les objets avec sa communauté et aussi d'agrandir son réseau




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